2.300 migrants vivent dans la "jungle" de Calais.
2.300 migrants vivent dans la "jungle" de Calais. © Zuma Press/MaxPPP / Velar Grant

Pour les associations, c'est un véritable "Sangatte sans toit" qui s'est développé, ignoré voire encouragé par les autorités. Les migrants de Calais vivent aujourd'hui sur un site peu propice à la vie humaine. Reportage dans un bidonville officiel.

Plombiers et électriciens s'affairent dans l'ancien centre de loisirs de Calais : ce lundi, les tentes auront été démontées et le centre tournera à plein régime, sept jours sur sept, de midi à 20h. Soixante douches et trente WC flambants neufs, des bacs à laver le linge en faïence seront accessibles dès midi, ainsi qu'une infirmerie, un vestiaire d'urgence et une permanence administrative.

Le montant des travaux et du budget de fonctionnement s'élève à 9 millions d'euros, financés par l'Etat et pour un tiers environ par des fonds européens. Gel douche, shampoing, dentifrice, brosse à dents, rasoir, mousse à raser et serviette éponge seront remis à chaque arrivant. Un peu de lessive aussi, pour qui souhaite laver ses vêtements. Mais il y a encore beaucoup à faire pour que l'endroit devienne vivable.

Les migrants de Calais sont aujourd'hui en grande partie regroupés, toutes communautés confondues, sur une ancienne décharge de la ville. Ils survivent sous des bâches, entre le port et le centre d’accueil de jour Jules Ferry. C’est là qu'ils trouvent des repas chauds, et bientôt des douches et des toilettes (mais seulement la journée).

Le reportage de Matthieu Darriet de France Bleu Nord

L’église et la mosquée ont trouvé rapidement leur place dans ce camp de fortune. "Ça a été leur première préoccupation", explique Cécile Bossy, de Médecins du monde. "C'est un élément très important pour eux. Dans leur survie, ils ont besoin de recréer leur espace communautaire."

C'est elle qui raconte : les migrants présents sont toujours très réticents à parler de leurs conditions. Ici, derrière chaque tas de sable, il y a un refuge. À chaque arbuste, un ecabane est accrochée. Bâches noires et bleues se succèdent, témoigant du fait que jamais à Calais les communautés n'ont été ainsi concentrées.

Cette grande précarité crée des tensions. D'autant plus que les personnes ont dû partir rapidement de leur site pour reconstruire des cabanes par-ci par-là, créer de nouveaux lieux de survie.

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Sur cette ancienne décharge, les bénévoles ont toujours là pour recharger les portables, distribuer des soins, des duvets ou des kits hygiène. Car ici, tout manque.

Le site est très pluvieux, très venteux. Il y a des ronces, de la dune, c'est humide, il y a des zones marécageuses, des tas de ferraille qui jonchent le sol. Il y a peu de possibilités de faire quelque chose de bien ici...

La mairie et l’État ont seulement consenti à goudronner un bout de chemin pour des bennes à ordures, à deux pas de la rocade portuaire où se précipitent les migrants au premier ralentissement de camion.

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