Des milliers de manifestants ont défilé ce samedi entre Hendaye et Irun, alors que les membres du G7 se réunissent à Biarritz. Reportage dans le cortège.

Les manifestants étaient à 13h 15 000 selon les organisateurs, 9 000 selon la police.
Les manifestants étaient à 13h 15 000 selon les organisateurs, 9 000 selon la police. © AFP / Georges Gobet

"Les membres du G7 sont des pyromanes". C'est le slogan que l'on entend régulièrement dans le cortège des opposants au G7, qui manifestent ce samedi entre Hendaye et Irun, alors que le sommet qui réunit les dirigeants des plus grandes puissances mondiales s'ouvre à Biarritz. 

L'union est indispensable si on veut arrêter tout ça", Évangeline, manifestante

15 000 manifestants selon les organisateurs, 9 000 à 13h selon la police, défilent dans ce cortège festif et revendicatif, qui a franchi la frontière espagnole direction Irun,  point de dispersion mais aussi lieu des conférences du contre-sommet pendant trois jours. Évangeline défile et se dit très inspirée par les militants basques et la convergence des luttes : "à titre personnel, j’en rêve et j’y travaille", lâche cette "gilet jaune" provençale de la première heure. "Je pense qu’on arrivera à faire bouger les choses qu’en s’unissant, avec nos différences et parfois divergences : _l’union est indispensable si on veut arrêter tout ça_".

Des manifestants adressent un message clair à Donald Trump, présent à Biarritz.
Des manifestants adressent un message clair à Donald Trump, présent à Biarritz. © Radio France / Mathilde Dehimi

Les accords commerciaux et la déforestation dans le viseur

Dans le cortège, on croise des militants de la centaine d’associations des plateformes "alternative G7", et aussi de nombreux militants basques et espagnols. Ils dénoncent notamment les accords bilatéraux du Ceta et du Mercosur et s’inquiètent également du réchauffement climatique. 

Il va falloir changer les choses drastiquement, ne pas continuer dans la consommation et la culture industrielle", David, d'Alternatiba

David, du mouvement citoyen Alternatiba, fustige ce qu’il considère comme une ambiguïté d’Emmanuel Macron sur les incendies en Amazonie : "il va falloir changer les choses drastiquement", estime le militant. "C’est-à-dire ne pas continuer comme on le fait maintenant, dans la consommation et dans la culture industrielle, qui est le vecteur de la déforestation et de la destruction de l’Amazonie". Des manifestants en couvertures de survie portent aussi des bateaux en plastique, pour dénoncer la crise migratoire

Dans le cortège, des militants dénoncent les accords du Ceta et du Mercosur, ainsi que la déforestation en Amazonie.
Dans le cortège, des militants dénoncent les accords du Ceta et du Mercosur, ainsi que la déforestation en Amazonie. © AFP / Ander Gillenea

Le long du cortège, la présence policière est discrète. Un hélicoptère tourne tout de même au-dessus d'Hendaye. 

17 personnes interpellées vendredi soir

Hier soir vendredi, des heurts ont opposé les forces de l'ordre et les manifestants à Urrugne, à côté du camp où résident une partie des anti-sommet. La police a essuyé des tirs de projectiles. Elle a riposté avec du gaz lacrymogène et des lanceurs de balles de défense (LBD).  Selon la préfecture, 17 personnes ont été interpellées, quatre policiers légèrement blessés et sept manifestants pris en charge par les services agréés de la protection civile. Selon l'entourage de l'organisation du contre-sommet, 23 personnes ont été traitées par des "street medics", les secouristes de rue, pour des affections allant _"de l'égratignure au projectile de LBD dans les jambes_".

Des militants appellent à prendre des mesures drastiques contre le réchauffement climatique.
Des militants appellent à prendre des mesures drastiques contre le réchauffement climatique. © Radio France / Mathilde Dehimi
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