Pour ce premier été post-Covid, les Français vont davantage jouer la carte nationale pour les vacances. L’occasion rêvée, pour des territoires un peu à l’écart des grands circuits touristiques, d’attirer de nouveaux visiteurs. La région de Besançon, par exemple, mise sur les sports nature pour faire la différence.

Kayak sur le Doubs, près de Pontarlier
Kayak sur le Doubs, près de Pontarlier © AFP / BRINGARD Denis / hemis.fr

À pied, à vélo ou au fil de l’eau : pas de besoin d’une grande expédition pour prendre un bol d’air frais, Besançon a tout à portée de son centre-ville. Les chemins de trail arpentent les sept collines qui surveillent l’agglomération. "En 5, 10 minutes, on est sur le point de vue des collines, depuis le centre-ville", explique Thomas Bion, du programme Grandes Heures Nature pour promouvoir ces activités outdoor : "On a 13 parcours permanents sur cet espace trail avec différents niveaux de difficulté en fonction des couleurs". 

Enfourcher un VTT permet aussi de découvrir ce territoire, depuis la citadelle qui surplombe la ville jusqu’au commencement des Monts du Jura. "On peut pratiquer tous types d’activités sur ces collines", détaille Antoine Maigrot, de la direction des sports de la ville de Besançon. "Le matin, on fait du VTT mais l’après-midi, on peut faire de la randonnée ou de la marche nordique. Tout ça peut se faire en famille ou sur des parcours plus durs pour les plus expérimentés", poursuit le jeune homme sur son vélo le long des rives du Doubs, la rivière qui traverse la ville.  

Loin des grands circuits touristiques

Besançon et son agglomération misent donc sur les sports en extérieur pour attirer un nouveau public. D’ailleurs, des athlètes de haut-niveau jouent le rôle d’ambassadeur pour promouvoir ce territoire, comme Marlène Devillez, vice-championne du monde de kayak free-style. Sur les eaux calmes du Doubs, elle enchaîne les figures ("Split Weel", "Loop" ou encore un "Space Godzilla" selon la terminologie de la discipline). "Quand on parle de kayak, on parle des Gorges de l’Ardèche ou des sites comme ça", nous raconte-t-elle en pagayant. "Mais on oublie des coins comme Besançon qui sont magnifiques et où il y a moins de monde. On est vraiment en communion avec la nature et sur des rivières qui sont protégées". 

Besançon et la Franche-Comté sont à l’écart des grands circuits touristiques, loin de la mer et de la Haute-Montagne. Le territoire accueille 600 000 touristes dont beaucoup d’étrangers qui ne viendront peut-être pas cette année. Christine Bresson est chargée de la communication à la Métropole du Grand Besançon. "Mettre Besançon sur une carte, parfois, on ne sait pas trop où on va le poser. Mais ça vaut le coup de dire aux Français : vous n’aviez sans doute pas pensé à Besançon pour vos vacances. Mais pour quelques jours, vous aurez un vrai bol d’air en répondant aux besoins du moment".  

Réfléchir sur nos pratiques

Et pour se démarquer, les sports nature sont un bon vecteur en ce moment. Un festival outdoor, entièrement dédié à ces disciplines devait se tenir à la mi-juin, annulé pour cause de crise sanitaire. Mais il faut persévérer sur ce créneau, veut croire Stéphane Crovella, le directeur de Grandes Heures Nature : "C’est vraiment nos atouts dont on a pris encore plus conscience pendant le confinement. Cette période nous a obligés aussi à réfléchir, sur nous, sur nos pratiques, sur la manière dont on vivait dans notre environnement. Et ces activités correspondent de plus en plus à quelque chose que l’on recherche : ne pas perdre de temps dans les transports, être vraiment en prise avec l’extérieur". 

Mais la concurrence est rude. Toutes les régions veulent tirer leur épingle du jeu cet été pour ces vacances très françaises. Il suffit de voir les affiches publicitaires dans le métro parisien pour s’en rendre compte. Besançon n’échappera pas à la règle : elle aura les siennes collées sur les murs de la capitale dans les prochains jours.

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