C’est l’assureur Malakoff Médéric qui a mené l’enquête. En 2018, 34% des salariés du privé ont été absents au moins un jour pour maladie. Les seniors sont particulièrement touchés par les arrêts de longue durée.

L'entrée des locaux de la Caisse nationale de l'Assurance maladie, à Paris
L'entrée des locaux de la Caisse nationale de l'Assurance maladie, à Paris © AFP / Bertrand Guay

Ce sont plus de 2 000 salariés du privé et 300 médecins qui ont répondu aux questions de l’assureur Malakoff Médéric, afin de réaliser son baromètre. Le résultat est éloquent : 34% des salariés ont été absents au moins un jour dans l’année pour maladie. C’est moins que les employés des collectivités territoriales (45%, d’après le cabinet Sofaxis).

Derrière ce chiffre, il faut distinguer les types d’arrêts maladie et leur durée.

40% d’arrêts maladie inférieurs à trois jours

On les appelle les arrêts courts. Ils sont délivrés, en majorité, aux travailleurs trentenaires et sont provoqués par des maladies ordinaires (grippe, gastro-entérite, fatigue). "Les 30-39 ans sont également à un moment de leur vie où ils sont à la recherche d’une vie familiale", explique Anne-Sophie Godon, directrice innovation chez Malakoff Médéric. "C’est un âge où l’on est susceptible d’avoir des enfants en bas âge et qui nécessitent parfois de s’arrêter une journée. C’est aussi une période où l’on s’investit énormément dans son travail, dans l’optique de progresser dans sa carrière, et certains ont besoin de souffler".

Au total, 86% des arrêts maladie sont inférieurs à 30 jours.

14% d’arrêts maladie supérieurs à un mois

Pour résumer, les jeunes travailleurs s’arrêtent souvent mais reviennent rapidement au travail, les seniors s’arrêtent plus rarement mais plus longtemps.

En effet, les plus de 50 ans représentent quasiment la moitié des arrêts de plus d’un mois (42%, contre 34% en 2012). Les raisons personnelles restent les plus fréquentes mais l’environnement de travail est également en cause, davantage que pour les arrêts courts.

Pour Anne-Sophie Godon, de Malakoff Médéric, cela s’explique par plusieurs facteurs, à commencer par "le vieillissement de la population active. Le rythme de travail s’est intensifié et on voit apparaître des formes d’usure physique et psychique. Aussi, il y a un phénomène de désengagement régulier des salariés envers leur travail, qui s’explique par le contexte actuel. Il y a un besoin d’équilibrer ses différentes sphères de vie".

Avec un constat implacable : plus l’arrêt de travail est long, plus le salarié a des difficultés pour reprendre son travail.

23% des salariés n’utilisent pas leur arrêt de travail 

Il existe des salariés particulièrement consciencieux. Un employé sur quatre arrêté par son médecin choisit malgré tout d’aller travailler, d'après ce baromètre.

Enfin, du côté des dirigeants d'entreprise, ils sont certes 69% à estimer que l'absentéisme remet en cause leurs pratiques managériales... mais sont également nombreux (64%) à réclamer davantage de contrôles sur les arrêts maladie, notamment l’obligation d’une contre-visite.

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