A Sarcelles, dans le Val d'Oise, le Club fédérateur et ses 8 800 licenciés s'alarment de la disparition de contrats d'insertion devenus essentiels pour la vie des cités.

Steffi, une basketteuse de 25 ans, se sent "injustement sanctionnée" par la suppression de son contrat aidé en fin d'année
Steffi, une basketteuse de 25 ans, se sent "injustement sanctionnée" par la suppression de son contrat aidé en fin d'année © Radio France / Cécilia Arbona

Ils sont jugés trop coûteux et pas assez efficaces par le gouvernement. Mais dans les cités, les contrats aidés alloués aux associations sportives représentaient un véritable atout.

A Sarcelles, la section omnisport et ses 15 clubs est devenue, depuis sa création en 1929, la locomotive des loisirs de la ville. Chaque semaine, 60 000 personnes fréquentent le complexe sportif Nelson Mandela, au pied des tours. Dans ce quartier de Sarcelles Lochères, Franck Morancy, le responsable administratif du Club fédérateur, dénombre 25 emplois aidés parmi les 60 salariés. "Pas des emplois aidés fictifs" martèle-t-il mais "des jeunes des quartiers qui n'ont pas eu le bac" : "En les embauchant, on leur paie une formation, ce qui leur permet d'avancer dans leur vie professionnelle, d'avoir un diplôme qualifié de niveau 4, c'est à dire un brevet d'État."

Franck Morancy regrette la décision du gouvernement qui, pour les quatre jeunes qui sont partis à la rentrée, signifie inexorablement le chômage. 

"Mille euros c'est beaucoup pour une jeune comme moi"

Steffi, une jeune basketteuse de 25 ans, est actuellement en contrat aidé. Mais fin 2017, son poste ne sera pas maintenu. La jeune femme, qui est diplômée d'un BTS de gestion, a souhaité se reconvertir dans le sport. 

Rémunérée un peu plus de mille euro - "c'est beaucoup pour une jeune comme moi", dit-elle - elle estime avoir pu rentrer dans la vie active grâce aux contrats aidés et s'inquiète de l'après : "Ça chamboule tout, parce que j'avais des projets, je me suis investie et je trouve irrespectueux que je sois sanctionnée."

Le maire socialiste de Sarcelles Nicolas Maccioni estime que la fin des contrats aidés est un abandon supplémentaire des quartiers difficiles. Et dit craindre que ce ne soit qu'un premier pallier : "Le grand risque c'est une remise en cause du statut de quartiers prioritaires."

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