La Marche du siècle, organisée aujourd'hui dans plus de 70 villes en France doit permettre d'interpeller les politiques sur le climat et l'urgence à agir, aujourd'hui et non demain. Avec humour, au premier ou au second degré, voici les slogans et les images qui ont marqué le défilé à Paris.

Diffusée par Oxfam France sur son compte Twitter, photo du départ de la Marche du siècle au Trocadéro à Paris . En tête de cortège Cécile Duflot et Jean-François Julliard.
Diffusée par Oxfam France sur son compte Twitter, photo du départ de la Marche du siècle au Trocadéro à Paris . En tête de cortège Cécile Duflot et Jean-François Julliard. © Oxfam France

Environ 140 organisations, de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot ont appelé à descendre dans la rue, estimant qu'il était "temps de changer de système industriel, politique et économique, pour protéger l'environnement, la société et les individus". 

Quelque 45.000 personnes y ont participé à Paris selon un comptage indépendant pour un collectif de médias réalisé par le cabinet Occurrence.  La préfecture de police a de son côté chiffré cette affluence à 36.000 manifestants et les organisateurs à 107.000.

La Marche du siècle, à Paris
La Marche du siècle, à Paris © AFP / Thomas Samson

A Paris quatre cortèges se sont organisés : la Marche du siècle,  l'Urgence sociale et climatique, la Marche pour le vivant et Roulons vert demain. 

Les manifestants défilent dans une ambiance bonne enfant et non sans humour dans les rues de Paris, malgré l'urgence de la situation et le sérieux de leurs revendications. 

Macron t'es foutu, les pandas sont dans la rue

"Climat : stop aux bla-bla, place aux actes", "Sans pétrole la fête est plus folle", "Fin du monde, fin de mois, mêmes coupables, même combat", "Macron t'es foutu, les pandas sont dans la rue", pouvait-on lire sur les banderoles et pancartes du cortège de quelques centaines de personnes parti du Trocadéro vers l'Opéra. 

Le reportage de Sandy Dauphin : 

1 min

La Marche du siècle le 16 mars à Paris, mi -journée

Par Sandy Dauphin

Greenpeace fait circuler un  triporteur avec un atelier mobile de fabrication de pancartes. 

Une fanfare a accompagné certains manifestants. Le Centre de recherche et d'information pour le développement  appelle à lutter contre les discriminations en général, et à faire se rejoindre le combat contre la fin du monde et celui pour les fins de mois. 

Vers la fin d'après-midi  Shakaponk, Abd Al Malik, Emily Loiseau, Jeanne Cherhal ou Albin de la Simonde sont attendus pour clore la journée de mobilisation.

Second degré, clitoris et échauffement

Même si on pouvait lire sur une pancarte que "le climat n'est pas à prendre au second degré", c'est bien au second degré qu'il fallait lire les slogans suivants : 

"On est aussi chaud que le climat !" criait-on au mégaphone, alors que les premiers rayons de soleil commençaient à trouer la grisaille matinale. Ailleurs, une jeune femme brandit une pancarte disant "Bouffe mon clito, pas le climat".

Dans un esprit plus rap des étudiants ont scandé "Arrêtez de niquer nos mers". 

"Il faut un basculement"

Pendant ce temps, les politiques et militants tenaient des discours plus sérieux et alarmants sur le sens de cette Marche du siècle. 

"Les associations sont dans la logique de servir de catalyseur mais le mouvement doit être très important, populaire, partagé", a dit Cécile Duflot, ex-ministre, DG de l'ONG Oxfam France, au début du rassemblement Urgence sociale et climatique au Trocadéro.  

"Il faut vraiment qu'il y ait un moment de basculement, un avant et un après" a fait valoir à ses côtés Jean-François Julliard, directeur général de l'ONG Greenpeace France.  

Pour sa part, Cyril Dion, écrivain et militant écolo, a appelé à "la convergence avec les "gilets jaunes" car la cause de la destruction des écosystèmes se trouve dans ce modèle économique.  

Les manifestants devaient croiser une "marche des solidarités" lancée à l'appel de collectifs de sans-papiers et contre les violences policières. 

Lors des précédentes marches pour le climat, nées après l'électrochoc causé par la démission de l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, plus de 15.000 personnes étaient descendues dans les rues de la capitale.  

Depuis plusieurs mois, les pétitions signées par des personnalités de tous horizons, des actions - comme le décrochage de portraits d'Emmanuel Macron dans des mairies pour dénoncer "l'inaction du gouvernement -, des appels de youtubeurs et des campagnes en ligne, comme #lapireexcuse qui sera faite aux générations futures, se multiplient.  

De l'Australie au Canada en passant par l'Europe, des centaines de milliers de jeunes ont fait la veille la grève de l'école pour reprocher aux dirigeants mondiaux leur inaction face au réchauffement de leur planète. Ils étaient entre 29.000 et 40.000 à Paris, 168.000 en tout à travers la France, selon l'organisation Youth for climate.

Préalablement, les ONG ont annoncé qu'elles intentaient un recours devant le tribunal administratif de Paris, pour dénoncer l’inaction climatique de l’État, plus connue sous le nom de “l’Affaire du siècle”. “Nous attendons l’action : l’État n’est pas à la hauteur des engagements qu’il a pris lui-même, notamment lors de l’accord de Paris”, estime Cécile Duflot, présidente d’Oxfam. “L’État est un justiciable comme un autre et il n’y a pas de raison qu’il ne le soit pas. Notre objectif est que l’état soit condamné à agir.” 

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