En une semaine seulement, huit membres des forces de l’ordre, policiers ou gendarmes, ont mis fin à leurs jours. Nouvelle vague de suicides inquiétante dans une profession particulièrement exposée.

Selon le ministère de l'Intérieur, 44 policiers et 16 gendarmes se sont donné la mort depuis le début de l'année 2017
Selon le ministère de l'Intérieur, 44 policiers et 16 gendarmes se sont donné la mort depuis le début de l'année 2017 © AFP / Jeff PACHOUD

Gardiens de la paix ou commissaire de police, gendarme membre d'une unité d'intervention ou commandant une brigade de proximité, fonctionnaires ou militaires exerçant en zone rurale ou dans l'agglomération parisienne: 46 policiers et 16 gendarmes se sont donnés la mort depuis le début de l'année 2017, selon un décompte initial du ministère de l'Intérieur complété par l'AFP. 

Dimanche, c'est le commissaire Antoine Boutonnet, ex-chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme, qui a été retrouvé mort, après avoir probablement mis fin à ses jours avec son arme de service, au terme d'une semaine noire dans les rangs des forces de l'ordre. 

Dans la soirée, ce terrible bilan s'aggravait encore avec un nouveau suicide d'une policière dans la région de Perpignan.  Pour la seule semaine qui vient de s'écouler, six policiers et deux gendarmes ont mis fin à leurs jours, selon un nouveau bilan transmis par la place Beauvau. 

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Cette accélération du nombre de suicides a conduit le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, à demander dimanche soir aux directeurs généraux de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Sécurité intérieure "une évaluation des mesures mises en oeuvre pour prévenir les suicides parmi les forces de l'ordre", dans l'attente de réunir "rapidement les représentants des policiers et gendarmes pour évoquer les dispositifs de prévention existants et les moyens d'en renforcer encore l'efficacité". 

L'ombre de 2014

Après un pic en 2014, année noire au cours de laquelle 55 policiers (contre 40 en moyenne annuellement) et une trentaine de gendarmes avaient mis fin à leurs jours, le nombre de suicides parmi les forces de l'ordre avait décru en 2015 et 2016, peut-être sur l'effet d'un plan présenté en janvier 2015 par Bernard Cazeneuve contenant 23 mesures (recrutement de psychologues, redynamisation des cellules de veille, nouveaux cycles de travail...) destinées à prévenir le suicide.

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Autre hypothèse, celle du retour de bâton dramatique : 

Policiers et gendarmes sont très mobilisés sur la défense des autres depuis deux ans. Peut-être que cela les a amenés à moins se soucier d'eux-mêmes mais peut-être que cela a également généré de l'usure(Céline Berthon, secrétaire générale du syndicat des commissaires de la police nationale)

Management "déplorable", manque de considération, conditions de travail, "usure professionnelle", "désocialisation", politique du chiffre, sont renvoyés par le syndicat de gardiens de la paix sur le banc des accusés.  

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