Des contraventions pour réprimer l'usage de drogue seront mises en place dans les 3 à 4 mois.

En janvier 2017 les gendarmes ont saisi 2 tonnes de cannabis sur l'autoroute A5 dans l'Aube.
En janvier 2017 les gendarmes ont saisi 2 tonnes de cannabis sur l'autoroute A5 dans l'Aube. © AFP / FRANCOIS NASCIMBENI

Le programme d'Emmanuel Macron prévoit d'instaurer une simple contravention pour l'usage et la détention de cannabis. Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur annonce la mise en place de cette mesure d'ici quelques mois.

Pour l’UNSA Police cela répond à une demande forte de la Police de simplification et d'allègement du travail des agents. Pour l'Unsa, "les procédures habituelles concernant les usagers (de drogue) se révélaient jusqu'à présent trop lourdes au vu des sanctions pénales, et trop chronophages pour les services de police et n'avaient de plus "jamais démontré la moindre efficacité en matière de lutte contre les trafics".

Pour Laurent Mucchielli, directeur du programme de recherche de l'Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux, "le vrai débat sera celui de la dépénalisation réglementée. Il faut en finir avec l'idée qu'on va faire disparaître la drogue. Les contraventions, c'est un bon début, on est loin du vrai débat. Il faut du courage pour aller plus loin."

La France et le cannabis

En 2014, 17 millions de personnes disaient avoir déjà pris du cannabis dans leur vie et 700.000 en consommeraient quotidiennement, selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies. La France fait partie des 5 pays les plus consommateurs de cannabis.

Le cannabis est interdit en France depuis 1970, avec au maximum un an de prison et 3.750 euros d'amende. Dans la pratique, si l'emprisonnement pour usage est exceptionnel, les amendes perdurent.

La consommation de cannabis dans les principaux pays consommateurs
La consommation de cannabis dans les principaux pays consommateurs © AFP / ADRIAN LEUNG, JOHN SAEKI, LAURENCE CHU

Parmi ces consommateurs quotidiens, "on estime qu'un sur deux en fait un usage médical", affirme Olivier Bertrand, médecin généraliste et addictologue, membre de l'association Chanvre et libertés - NORML France. Or, "ça peut soigner la maladie de Crohn, le psoriasis, l'asthme, le glaucome, le syndrome de Gilles de la Tourette, et j'en passe, mais le corps médical ne veut pas en entendre parler", assure-t-il.

L'exemple canadien

Le gouvernement du Premier ministre canadien Justin Trudeau veut légaliser le cannabis d'ici à juillet 2018. Le Canada permet déjà la consommation de cannabis à des fins médicales depuis 2001.

Le projet de loi prévoit :

  • Autoriser les adultes à acheter du cannabis récréatif
  • Cultiver jusqu'à quatre plants et de posséder au maximum 30 grammes de cannabis dans l'espace public.
  • 2 nouvelles infractions pénales contre la vente de cannabis aux mineurs, assorties de peines pouvant aller jusqu'à 14 ans de prison.
  • 1 amende pouvant atteindre 5 millions de dollars et/ou trois ans de prison contre la promotion de produits dérivés rendant le cannabis attrayant pour les jeunes.
  • Tests de dépistage salivaire lors de contrôles routiers renforcés. Le cannabis est l'une des principales causes de mortalité juvénile sur les routes.

Après l'Uruguay, le Canada deviendrait le second pays à légaliser la consommation de cannabis à usage récréatif. Aux Etats-Unis, moins d'une dizaine d'Etats, dont la Californie, l'ont autorisé pour un usage récréatif.

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