Pendant deux ans le ministère de l’intérieur veut expérimenter une limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur trois tronçons de quelques kilomètres : la RN 7 dans la Drôme, la RN 151 dans la Nièvre et la RN 57 en Haute-Saône. 81 kilomètres au total dans des zones très accidentogènes pour abaisser le nombre de mort sur les routes qui est reparti à la hausse cette année.

"Déjà qu’à 90 km/h on se traîne, alors à 80 …" Voilà ce qu’inspire cette expérimentation pour la sécurité routière en grande majorité chez les automobilistes habitués des tronçons concernés. Pourtant ils vont devoir s'y faire. Pendant deux ans sur la RN 7 dans la Drôme, sur la RN 151 dans la Nièvre et sur la RN 57 en Haute-Saône, la vitesse sera abaissée de 90 à 80 km/h. "Nous allons mesurer l'efficacité objective, scientifique de la mesure , explique Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur devant le Conseil national de la sécurité routière. Si elle donne des résultats positifs, nous etudierons sa généralisation."

Bernard Cazeneuve : "en cas de résultats positifs nous verrons comment généraliser ." >

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Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur.

Problème, cette expérimentation , malgré son objectif admirable, ne contente personne . Ni les maires des communes qui préfèrerait des infrastructures de sécurité, ni les associations qui en veulent plus ou moins ça dépend, ni les conducteurs eux-mêmes. Selon les derniers sondages, trois quarts des automobilistes seraient contre le passage de 90 à 80 km/h.

"Les impatients vont doubler encore plus dans les lignes droites"

Nadine Wantz a particulièrement du mal à croire à cette expérience. C’est la maire de Rioz en Haute-Saône et sa commune sera concernée justement, sur une portion de quelques kilomètres de la RN 57 entre Besançon et Vesoul. "On est sur une ligne droite de quasiment deux kilomètres ici, explique-t-elle, après une zone vallonnée où les gens ont pris un peu de vitesse. Pour moi cette baisse de la vitesse, ça va faire que les impatients vont doubler encore plus qu’avant. La zone va seulement devenir encore plis accidentogène, craint Nadine Wantz, habituée elle-même de la route. C’est pour ça que les maires du secteur, on préconise plutôt des aménagements de voiries, de sécurité ."

Nadine Wantz : "La zone va devenir encore plus accidentogène." >

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Nadine Wantz maire de Rioz en Haute-Saône.

Pas convaincu non plus, Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes en France. "On travaille avec les mêmes limitations de vitesse depuis 1974 et chaque année quasiment on constate une baisse du nombre d’accident. On est passé de 18 000 à 3 000 tués par an sur les routes . A quoi bon mettre une réglementation supplémentaire alors que la règle en vigueur est bonne", demande-t-il.

Pierre Chasseray : "La règle actuelle est bonne, pourquoi la changer ?" >

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Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes.

Tout le réseau secondaire doit passer de 90 à 80 km/h pour Chantal Perrichon, Présidente de la ligue contre la violence routière
Tout le réseau secondaire doit passer de 90 à 80 km/h pour Chantal Perrichon, Présidente de la ligue contre la violence routière © MaxPPP / Jean-Baptiste QUENTIN

Mais si les associations sont contre à l’unanimité, elles ne le sont pas pour les mêmes raisons. À la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, la présidente trouve que cette expérimentation manque d’ambition : "Ce n’est pas sur quelques kilomètres qu’il faut abaisser la vitesse, mais sur tout le réseau secondaire, c’est le seul moyen pour épargner 400 vies par an ! Lorsque vous baisse de 1% la vitesse moyenne, dans tous les pays du monde, il y a 4% de tués en moins sur les routes. Nous, ce que nous attendons du ministre de l’intérieur, c’est du courage !"

Chantal Perrichon : "Baisser de 1% la vitesse, c'est 4% de tués en moins." >

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Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière.

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