Toilettes sèches, urinoirs écolos, ou pissotière-jardinière, appelez les comme vous voulez. Les "uritrottoirs" sont progressivement déployés à Paris. Et malgré quelques critiques, la mairie pourrait étendre l'expérimentation.

Après celui de l'île Saint-Louis, un cinquième uritrottoir sera installé à Paris, dans la rue Bossuet (10e).
Après celui de l'île Saint-Louis, un cinquième uritrottoir sera installé à Paris, dans la rue Bossuet (10e). © Radio France / Léa Guedj

L'expérimentation continue à Paris. Depuis six mois, des uritrottoirs sont installés dans différents points stratégiques de la ville. Après le boulevard de Clichy (18e/9e), la place Henri-Frenay à côté de la gare de Lyon (12e), le square Tino Rossi (5e), et depuis fin juillet l'île Saint-Louis (4e), un cinquième uritrottoir sera bientôt installé dans la capitale, rue Bossuet (10e).

Une "pissotière intelligente"

Ces toilettes sèches surmontées d'un bac à fleurs permettent de faire du compost grâce à la paille qui filtre les urines et les odeurs. Il permet aussi et surtout de régler une bonne fois pour toute le problème de pipis sauvages dans les rues. Écologique, mobile, facile d'installation et d'utilisation, c'est la nouvelle fierté de la ville de Paris qui souhaite "compléter" son offre de sanitaires fixes. 

Sur son site internet, la mairie de Paris précise qu'"une personne rejette chaque année par ses urines suffisamment de matières valorisables pour fertiliser 400m2 de blé. Ce qui réduirait d’autant les engrais chimiques employés actuellement". L'azote, le phosphore et le potasse récupérés ainsi pourront être réutilisés dans les parcs et jardins parisiens.

Début de polémique

Mais sur la très chic île Saint-Louis certains riverains se plaignent déjà des uritrottoirs. "Quelle image pour la ville ?" se demande un utilisateur de Twitter. 

Sur le même réseau social, l'ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, parle elle d'une "nouvelle connerie parisienne". Des femmes dénoncent le fait que l'espace public soit pensé par des hommes, pour des hommes. Le designer de l'agence Faltazi, Laurent Lebot, à l'origine de ces uritrottoirs assure pourtant qu'ils permettent également de "délester les blocs sanitaires classiques pour qu'ils soient moins souillés et davantage disponibles pour les femmes".

L'exemple de Nantes

Avant Paris, Nantes a décidé de passer au-delà de l’expérimentation et de s'équiper d'avantage d'uritrottoirs. "Les riverains et commerçants ne se plaignent plus de mauvaises odeurs" assure Laurent Lebot. Il promet même "beaucoup d'eau potable et de produits détergents économisés" ainsi que du "temps gagné" pour son plus gros client.

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