Plusieurs produits à base de légumes surgelés doivent être retirés des rayons de nos supermarchés et rapportés par ceux qui en ont acheté. En provenance de Hongrie, ils seraient contaminés à la listeria, une bactérie potentiellement mortelle.

La surgélation stoppe le développement des micro-organismes, mais ne les détruit pas
La surgélation stoppe le développement des micro-organismes, mais ne les détruit pas © AFP / Gérard Houin

Après la scandale du lait infantile Lactalis, contaminé aux salmonelles, c'est une autre bactérie qui fait parler d'elle : la listeria monocytogenes. Pouvant provoquer la listériose, elle s'est nichée dans les carottes et autres petits pois des rayons surgelés. Les autorités sanitaires craignent que la bactérie ait pu se glisser dans l'assiette des consommateurs français.

47 cas de contamination identifiés en Europe

Au 15 juin, la contamination à la listeria avait déjà touché 47 personnes en Europe (Autriche, Danemark, Suède, Finlande et Royaume-Uni), et provoqué neuf décès, selon l'agence sanitaire européenne Efsa. Alertée, l'autorité hongroise chargée de la sécurité alimentaire a découvert l'origine de ces contaminations : des légumes surgelés fabriqués dans une usine du groupe belge Greenyard, en Hongrie. Celle-ci fournit des distributeurs dans le monde entier. Elle décide alors de procéder au retrait et au rappel de ses légumes surgelés, sortis de l'unité de production depuis août 2016.

Si aucun cas n'a été identifié en France jusqu'ici, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes réclame tout de même le retrait de ces produits dans la plupart des enseignes de grandes distribution françaises comme Lidl, Carrefour, Auchan, Intermarché ou Leader Price. L’entreprise Lidl, par exemple, a annoncé le retrait et le rappel de légumes vapeur de marque Freshona. Les consommateurs, eux, sont invités à les rapporter en magasin. "Ces produits sont des légumes surgelés qui sont incorporés dans des plats préparés", précise Loïc Tanguy, directeur de cabinet à la DGCCRF.

La listériose, une maladie rare mais dangereuse

L'autorité sanitaire européenne a dressé une première liste des produits contaminés. On y retrouve entre autres le "chili con carne boulettes au bœuf" de Carrefour, le "mélange mexicain" des marques D'aucy et Leader Price ou encore la "salade riz niçois" de la marque "assiette d’Antoine" chez Auchan. Mais cette liste pourrait bien s'allonger. "On n'a pas encore fini de contrôler la traçabilité, donc il est possible que d'autres produits soient rappelés dans les prochains jours", prévient Loïc Tanguy. En effet, les légumes ayant été incorporés dans des plats préparés, "la traçabilité peut donc être complexe, il peut y avoir plusieurs intermédiaires entre la personne qui a importé les légumes et celle qui a fabriqué le plat qui sera consommé".

Fièvre, maux de tête, troubles digestifs, voire, complications neurologiques (méningite, encéphalite)... Les symptômes de la listériose peuvent apparaître longtemps après l'infection par le virus. Le délai d’incubation peut aller jusqu’à huit semaines. "Les femmes enceintes, chez qui les conséquences de la listériose peuvent être graves pour l’enfant à naître, doivent être particulièrement attentives à ces symptômes, ainsi que les personnes immunodéprimées et les personnes âgées", détaille la DGCCRF.

En France, environ 300 cas sont enregistrés chaque année, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). La maladie est rare, mais le taux de décès dus à l'infection est élevé : il varie de 20 à 30% en dehors de la grossesse.

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