Face aux images d'un policier semblant tirer quasi à bout portant au LBD, ou d'un autre faisant un croche-pied à une manifestante, des personnalités politiques de droite comme de gauche font part de leur indignation.

Benjamin Grivaux (LREM et Jordan Bardella (RN) sur France Inter, Edouard Philippe sur France 2 et Jean-Luc Mélenchon (LFI) en manifestation : tous ont réagi à ces images de "violences policières".
Benjamin Grivaux (LREM et Jordan Bardella (RN) sur France Inter, Edouard Philippe sur France 2 et Jean-Luc Mélenchon (LFI) en manifestation : tous ont réagi à ces images de "violences policières". © France Inter, France 2, Maxppp

Depuis quelques jours, des vidéos de violences policières présumées se répandent sur les réseaux sociaux. Une grenade lacrymogène lancée contre un immeuble où des étudiants filment une manifestation, un policier qui semble tirer quasiment à bout portant au LBD sur des manifestants, un autre qui fait un croche-pied à une femme... La classe politique, même dans la majorité, épingle ces comportements.

Édouard Philippe : "Il doit y avoir enquête et sanction le cas échéant"

Invité dimanche du journal de 20h de France 2, Édouard Philippe a résumé ainsi sa posture envers les forces de l'ordre : _"Exigence complète, mais solidarité et confiance".Le Premier ministre, tout en estimant qu'il faut parfois "utiliser la force pour ramener l'ordre" et que les policiers ont "une mission redoutablement difficile", a tenu à souligner qu'il faut "beaucoup d'exigence" : "Quand il y a un usage disproportionné de la force, quand on ne respecte pas les règles d’engagement, il doit y avoir enquête et sanction le cas échéant."_

Interrogé par Laurent Delahousse à propos de l'image où l'on voit un policier faisant un croche-pied à une femme, Édouard Philippe a parlé d'une scène "évidemment violente et évidemment inacceptable", même s'il ne faut pas occulter selon lui les images de policiers "qui pendant des heures se font insulter, cracher et balancer des pavés dessus."

Benjamin Griveaux : "Ça s'appelle des violences policières"

"Ça s’appelle des violences policières", a estimé Benjamin Griveaux, interrogé ce lundi matin sur France Inter par Léa Salamé au sujet de vidéos qui montrent un policier tirant au LBD à un mètre d’un manifestant, ou encore faisant un croche-pied à une femme.

Le candidat LREM à la mairie de Paris incite les victimes à déposer plainte : "Quand il y a ce type de comportements, quand la réponse n’est pas proportionnée, il y a sur le site du ministère de l’Intérieur un onglet qui permet de déposer plainte, d’avoir une enquête, qu’elle soit administrative ou judiciaire. Il n’y a pas deux poids deux mesures : chacun doit être dans le parfait respect de l’ordre républicain."

Jordan Bardella : "J'ai été assez choqué"

"J’ai été assez choqué de ces images", a reconnu ce lundi matin sur France Inter le député européen Rassemblement National Jordan Bardella, interrogé par Nicolas Demorand et Léa Salamé. "J’ai toujours pour habitude de défendre les forces de l’ordre, en revanche c’est vrai qu’il y a pu y avoir certains comportements, certains engagements de la force et de la violence qui ne sont pas convenables. S’il y a ce type de comportement déviant, alors ils doivent être sanctionnés."

Jordan Bardella a aussi dénoncé ce qui relève selon lui d'un manquement de l'État : "Ce sont des ordres qui sont donnés à nos policiers, des ordres qui sont donnés des plus hautes instances de l’État."

Jean-Luc Mélenchon : "Je mets tout le monde en alerte"

"Il n’est pas supportable d’imaginer que, dans un corps de force, des gens soient capables de tirer dans le visage d’un de leurs concitoyens, ce n’est pas possible", a jugé Jean-Luc Mélenchon, interrogé par BFMTV lors de la manifestation du 11 janvier contre la réforme des retraites. "Je mets tout le monde en alerte : ce n’est pas une pratique normale de la répression."

"Se battre comme des sauvages, donner des coups de pied, frapper et se sauver ensuite pour rejoindre sa ligne, ce n’est pas de la police républicaine"

Le leader de la France Insoumise ajoute : "si, quand on réprime et que ça mord le trait, aucune autorité ne dit que ça va trop loin, on fortifie, on encourage en quelque sorte les éléments les plus violents à continuer dans ces pratiques."

Olivier Faure : "Le gouvernement a une responsabilité énorme"

"Quand on voit les images de ce policier qui fait un croc-en-jambe gratuit à quelqu’un qui est en train de marcher, je suis désolé, mais c’est inacceptable", a estimé ce lundi matin Olivier Faure chez nos confrères de Public Sénat. "On ne peut pas accepter d'une police républicaine, qui a une mission qui est celle du maintien de l’ordre et de nous protéger, qu’il y ait dans ses rangs des gens qui se mettent à tirer des grenades lacrymogènes sur les immeubles, qu’ils fassent des croc-en-jambe, qu’ils tabassent à terre des gens…", a égrené le Premier secrétaire du Parti socialiste.

Comme Jordan Bardella, il dénonce ce qu'il appelle lui "la surdité du gouvernement", qui alimente la "pénibilité des policiers" : "le gouvernement a une responsabilité énorme."

Des enquêtes ouvertes

Dimanche, une enquête a été ouverte après que des étudiants ont reçu une grenade lacrymogène la veille à travers la fenêtre de leur appartement, alors qu'ils filmaient la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon, a indiqué le parquet de Lyon à franceinfo.

Le parquet de Paris a aussi annoncé l'ouverture d'une enquête après la diffusion d'une vidéo sur laquelle un policier semble tirer à bout portant avec un LBD sur des manifestants, lors de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, jeudi 9 janvier.

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