Le Conseil national d'évaluation du système scolaire salue ce vendredi la baisse, depuis quinze ans, du nombre de jeunes Français sans diplôme qui sortent du système scolaire. Mais dans l'étude qu'ils dévoilent, les experts estiment qu'on peut encore mieux faire.

100 000 élèves quittent encore chaque année le système scolaire sans diplômes mais, mieux identifiés, ils sont aussi mieux accompagnés pour s'insérer dans la vie professionnelle.
100 000 élèves quittent encore chaque année le système scolaire sans diplômes mais, mieux identifiés, ils sont aussi mieux accompagnés pour s'insérer dans la vie professionnelle. © Maxppp / Guillaume Bonnefont

Chaque année, 100 000 Français décrochent encore du système scolaire et doivent s'insérer dans le monde professionnel sans aucun diplôme. Ce chiffre, s'il reste conséquent, est pourtant à la baisse depuis 15 ans et est salué par le Conseil national d'évaluation du système scolaire, le Cnesco, qui publie ce vendredi des préconisations pour lutter encore mieux contre le décrochage scolaire.

Mieux communiquer pour mieux repérer les signes de pré-décrochage

S'appuyant sur des comparaisons internationales et les travaux collectifs de plus de 150 acteurs du milieu éducatif, le Cnesco préconise de mettre en place des actions ciblées, en urgence, auprès des élèves qui risquent de décrocher. 

Des élèves qu'il est facile de repérer en prenant en compte plusieurs signes manifestes tels que les retards, les absences, les devoirs non faits et qui ne sont pas systématiquement communiqués à l'ensemble du personnel éducatif. Or, l'étude déplore que ces informations, isolées, ne soient pas mieux prises en compte pour identifier les potentiels "décrocheurs".

Pour y remédier, le Cnesco préconise l'utilisation d'outils de suivi de l'activité de chaque élève dans la classe, de ses "notes, appréciations, retards, absences, exclusions, punitions, problèmes de santé" mais aussi la prise de parole, l'aide aux camarades, le respect des consignes etc.

Pour mieux repérer et prendre en compte ces éléments, le Cnesco appelle à former le personnel éducatif aux différents profils de jeunes risquant de décrocher et plus particulièrement les "décrocheurs discrets".

Des questionnaires auprès des élèves

Parmi les autres pistes évoquées, l'étude préconise d'effectuer des questionnaires de recensement auprès des élèves pour identifier plusieurs critères, tels que l'attitude de la famille par rapport à l'école, les projets scolaires, la capacité de travail, les performances, la confiance en soi ou encore le besoin de soutien de la part des enseignants ou l'intérêt pour l'école.

Enfin, si les décrocheurs sont aujourd'hui sont mieux identifiés, et aussi mieux suivis après leur sortie de l’école, grâce notamment à un arsenal de dispositifs et de formations pour les aider à trouver du travail, le Cnesco invite à construire des initiatives visant à trouver des alternatives à la sortie de l'établissement, notamment concernant l'exclusion temporaire ou définitive d'un élève et à mieux s'impliquer auprès de sa famille et dans son orientation.

►Écouter | Le reportage de Solenn Le Hen sur le rapport du CNESCO contre le décrochage scolaire

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