Le ministre de l'Éducation nationale a décidé d'assouplir légèrement le protocole sanitaire à l'école, concernant le dépistage. Si, après un premier cas positif dans une classe, un autre se déclare moins d'une semaine après, les parents d'élèves n'auront pas à recommencer tout le cycle de tests à J0, J+2 et J+4.

Le 27 septembre, dans une école d'Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine. A peine quatre jours après la rentrée, le protocole sanitaire est de nouveau assoupli.
Le 27 septembre, dans une école d'Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine. A peine quatre jours après la rentrée, le protocole sanitaire est de nouveau assoupli. © Maxppp / Vincent Isore

À peine quatre jours après la rentrée scolaire, le gouvernement a décidé d'alléger le protocole sanitaire à l'école. La décision a été prise après une réunion hier entre le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et les syndicats d'enseignants. Des modifications au système de dépistage, actuellement en place, ont ainsi été apportées. 

Si un nouveau cas positif apparaît dans leur classe, dans un délai inférieur à sept jours après un premier cas, les élèves n'auront plus à réaliser un nouveau parcours complet de dépistage. Pour que le cycle de test redémarre à zéro, il faut qu'un second élève de la classe soit positif, sept jours après l'identification du premier cas.

Trois tests à faire en quatre jours si un cas positif est détecté dans une classe

Depuis le retour des vacances scolaires, si un cas positif au Covid-19 est détecté dans une classe, tous les élèves doivent faire trois tests en quatre jours. Le premier test négatif leur permet de revenir en classe. Puis, quand la famille fait le premier test, elle doit recevoir en pharmacie deux autotests gratuits, pour que les élèves se testent à nouveau à la maison à J+2 et à J+4. 

Si un élève de la classe accueilli sur présentation d'un test négatif se déclare positif (par exemple suite à un autotest réalisé à J+2 ou J+4), il n'est désormais pas nécessaire de redémarrer immédiatement un cycle de dépistage pour les autres élèves de la classe ou les contacts à risque. "Le cycle de dépistage ne redémarre que si le second cas confirmé a eu des contacts avec les autres élèves après un délai de 7 jours suite à l'identification du  premier cas", précise désormais le protocole, soit un léger assouplissement.

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Invité vendredi matin sur CNews, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a reconnu que ce protocole était "extrêmement difficile" à vivre pour les familles. "Mais qu'est-ce qu'il y a d'autre à faire ?", a-t-il demandé, jugeant que  "fermer les écoles", comme le demandaient certains, aurait été "plus  facile", mais que ce n'était pas le choix du gouvernement. Il a aussi reconnu que "çà et là il peut y avoir des pharmacies en rupture de stocks d'autotests", mais que "normalement elles sont réalimentées".
 

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Le texte avec l'allégement du protocole, envoyé aux directeurs d'école, précise également la marche à suivre si l’élève est cas contact au sein de sa sphère familiale. Une quarantaine de sept jours, à compter de la détection du cas, doit être respectée et un test antigénique ou PCR doit être réalisé à l’issue de cette quarantaine, sauf si l’élève a moins de 12 ans ou qu’il bénéficie d’un schéma vaccinal complet. Dans ce cas de figure, l’enfant réalise immédiatement un test antigénique et PCR puis des autotests à J+2 et J+4 et poursuit les apprentissages si les résultats sont négatifs.

Un nouveau protocole "pas du tout rassurant" dénoncent les syndicats

Du côté des syndicats, ce nouveau protocole ne convainc toujours pas. Il n'est "pas du tout rassurant" estime la secrétaire et porte-parole du syndicat des directrices et directeurs d'école (S2DE). Invité de France Info, Florence Comte, a déclaré que les règles ont été allégées "parce qu'il y a une rupture de stocks de tests". La directrice d'une école élémentaire à Puget-Ville, dans le Var, préférerait revenir au précédent protocole : "Un cas de covid" signifie "une fermeture de classe pendant sept  jours", qui lui "semble le plus sanitairement raisonnable". Le syndicat a d'ailleurs écrit une lettre à Jean-Michel Blanquer sur "la gestion du Covid dans les écoles primaires à la rentrée de janvier 2022".

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La co-présidente de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), affirme, elle, que cet allègement du protocole sanitaire "reste encore une fois difficilement applicable sur le terrain". D'après Carla Dugault, toujours sur France Info, il "ne va pas changer grand-chose" mais juste faire gagner "un peu de temps" aux parents. "Ils sont fortement sollicités pour que les choses se passent au mieux mais encore faut-il qu'il y ait des autotests disponibles dans les pharmacies. Encore faut-il que les parents puissent le faire, puisque les parents travaillent également. Ça reste très difficile." 

La FCPE demande "de systématiser les tests gratuits, déjà, et surtout aux abords des écoles, que ces tests soient effectués au sein des établissements par des professionnels de santé, ça serait beaucoup plus simple. Sauf qu'aujourd'hui, on sait bien qu'il y a un manque terrible d'investissements dans l'école publique pour faire face à cette situation exceptionnelle." Cette mère de famille dénonce aussi le "manque terrible d'anticipation" du ministère de l'Education nationale, qui est "juste intenable".

Les syndicats d'enseignant SNUIPP-FSU et SE-Unsa appellent de leur côté à une grève nationale le jeudi 13 janvier "pour faire cesser le mépris et les mensonges et porter les conditions d’une école sécure sous Omicron".

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Trois fois plus de fermetures de classes qu'en décembre

Concernant les fermetures de classes, le ministère a communiqué hier ses chiffres. On en compte 9.202, sur 527.200 classes au total, soit le plus haut niveau depuis le printemps 2021. C'est plus de trois fois supérieur au précédent chiffre, datant du 16 décembre soit avant les vacances de Noël, qui était de 2.970 classes fermées. En avril dernier, avant la fermeture des écoles pour plusieurs semaines, le nombre de classes fermées était passé à plus de 11.000 (11.272 classes le 2 avril). Il était ensuite redescendu (à 5.110 fin mai). 

Dans le détail, selon un communiqué du ministère de l'Éducation nationale, "à ce jour, on compte 28 structures scolaires fermées (20 écoles, 6 collèges et 2  lycées)". Quant aux contaminations, le ministère recense  47.453 cas confirmés déclarés d'élèves (contre 50.052 le 16 décembre) et 5.631 cas confirmés déclarés de personnels (contre 2.599 le 16 décembre). 

Selon Jean-Michel Blanquer, "environ 8%" d'enseignants sont actuellement absents dans les établissements scolaires, durement touchés par l'épidémie de Covid-19. Mais le pic d'absences "ne devrait pas dépasser normalement 15%", avait assuré mercredi le ministre, alors que la rentrée scolaire s'effectue sous tension depuis lundi. Au sujet des équipements de protection, le ministère a annoncé aux syndicats avoir "commandé 55 millions de masques chirurgicaux afin d'équiper les personnels des écoles et des établissements scolaires, avec des premières livraisons dès la mi-janvier".