Par mesure de sécurité, la Seine-et-Marne, l'Oise, le Rhône, le Vaucluse ont interdit, aux soldats du feu, le port de la barbe, qui empêche une bonne étanchéité avec le masque de protection des sapeurs-pompiers.

Des pompiers en intervention le 5 février 2019, lors d'un incendie dans le 16e arrondissement de Paris.
Des pompiers en intervention le 5 février 2019, lors d'un incendie dans le 16e arrondissement de Paris. © AFP / Geoffroy VAN DER HASSELT

Les uns après les autres, les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS ) se prononcent en faveur de l'interdiction du port de la barbe. L'Oise, dès octobre 2017, la Seine-et-Marne en mai 2018 et le Rhône ont adopté cette mesure. Ce sera aussi le cas des Pyrénées-Atlantiques à partir de juin 2019 et du Vaucluse l'été prochain. Cette décision ne répond pas à une ambition esthétique mais à la volonté de protéger le mieux possible la santé des pompiers. Pas de polémique non plus, "les syndicats sont globalement très en phase" avec cette prise de position, explique le lieutenant-colonel de la sécurité civile Michaël Bernier.

N'est pas hipster qui veut

Les SDIS n'avaient pas anticipé le retour de la barbe, très à la mode depuis quelques années. Seulement, elle empêche le masque respiratoire isolant des pompiers d'être tout à fait efficace contre les inhalations de fumée. Les fabricants le précisent noir sur blanc dans la description de leurs produits : pour résumer, il ne faut aucun obstacle entre le masque et la peau pour que son étanchéité soit maximale (pas de lunettes non plus, par exemple).  Si les interdictions se multiplient récemment à cause de cet effet de mode, la consigne n'est donc pas nouvelle. On la retrouve d'ailleurs dans un arrêté du ministère de l'Intérieur, daté du 8 avril 2015.

"Le rasage est impératif pour la prise de service ; dans le cas particulier du port de la barbe ou de la moustache, celles-ci doivent être bien taillées et permettre une efficacité optimale du port des masques de protection" - arrêté du 8 avril 2015

Le ministère de l'Intérieur a récemment envoyé aux SDIS une directive qui sonne comme un rappel à l'ordre. Il est de la responsabilité du directeur départemental de faire appliquer les règles, précise Michaël Bernier. Dans les départements concernés, un pompier qui refuse de se raser pourrait donc ne plus aller au feu. "Si même les constructeurs ne nous le garantissent pas, on ne va pas être plus royaliste que le roi", explique le lieutenant-colonel.

"Ça devient intrusif dans la vie des pompiers" - le lieutenant Daguerre

"On en vient à décider comment on doit être. Maintenant, il s'agit d'une mesure de sécurité, donc à étudier quand même sérieusement", témoigne le barbu lieutenant Daguerre, du centre de secours de Pontacq, au micro de France Bleu Béarn. 

Une surmortalité chez les pompiers

En septembre 2017, un rapport de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, et révélé par La Provence, affirmait qu'il y a une "surmortalité modérée pour certains types de cancers" chez les pompiers. De son côté, Michaël Bernier explique que les ministères de l'Intérieur et de la Santé ont réclamé des études épidémiologiques sur le sujet. Les résultats n'ont pas encore été publiés. L'interdiction de la barbe a pour seul but de "protéger les sapeurs-pompiers", assure-t-il à nouveau.

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