Le livre de Rose McGowan, première accusatrice d'Harvey Weinstein, sort ce mercredi en France (ed.HarperCollins). un récit où l'actrice démonte le système hollywoodien et dénonce son hypocrisie.

Rose McGowan en janvier 2018 à Pasadena (Californie)
Rose McGowan en janvier 2018 à Pasadena (Californie) © AFP / Frederick M. Brown / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Rose McGowan s'est rasé la tête il y a deux ans. Elle n'arbore plus ses longs cheveux blonds du film d'horreur Scream. Ni ses longs cheveux bruns de la série Charmed. Rose McGowan a les cheveux ultra courts. 

Rose McGowan en 2003
Rose McGowan en 2003 © AFP / CARLO ALLEGRI / Getty Images North America

On m’a dit que je devais avoir les cheveux longs, sans quoi les directeurs de casting ne voudraient pas me sauter. Eh bien, merde à Hollywood. Merde à cette idée. Merde à la propagande. Merde aux stéréotypes.

Rose McGowan en 2004 à l'époque de sa participation à la série Charmed (2001-2005)
Rose McGowan en 2004 à l'époque de sa participation à la série Charmed (2001-2005) © AFP / Kevin Winter / Getty Images North America

Rose McGowan a été élevée dans une secte, l'une des pires, si ce n'est la pire secte au monde : Les enfants de Dieu, dissoute officiellement en 1978, mais qui existe encore aujourd'hui sous le nom de la Famille internationale. Son enfance est faite de violence, d'isolement. 

Rose McGowan est une écorchée vive. C'est une battante. Et son combat, elle le mène aujourd'hui contre le système hyprocrite et corrompu d'Hollywood, et pour la défense de la cause des femmes. Rose McGowan est aujourd'hui l'une des féministes les plus influentes et les plus déterminées qui soient. L'une des plus radicales aussi.

Ce petit détour par Hollywood m’a fait prendre un coupe-gorge. Je suis tombée sur un nid de vipères. Sauf que mes vipères étaient des hommes blancs et riches, et le coupe-gorge, les studios de cinéma.

Rose et son Monstre

Rose McGowan refuse de prononcer ou d'écrire le nom d'Harvey Weinstein. "À présent nous connaissons tous le nom du Monstre, mais j’ai fait le choix de ne pas l’utiliser. Je n’aime pas le nom du Monstre (...)  je refuse qu’il figure dans mon livre". Nous sommes en 1997, au festival du film indépendant de Sundance. L'actrice, alors âgée de  23 ans, vient présenter deux films : Phantoms avec Ben Affleck, et   Going All the Way, également avec Ben Affleck. Elle est invitée par Harvey Weinstein, qu'elle ne connait pas, dans une suite de l'hôtel le plus prestigieux de la ville. 

_"_Par chambre d’hôtel, la plupart des gens imaginent un lit, une armoire et une petite salle de bains. La suite du Monstre occupait tout l’étage. Quelque chose comme trois cents mètres carrés, l’équivalent d’une grande maison. Rien à voir avec l’image traditionnelle qu’on se fait d’une chambre d’hôtel".

Elle affirme que le rendez-vous professionnel se passe bien et que c'est au moment de partir que Weinstein la dirige vers le jacuzzi et la viole.

Rose accuse Ben Affleck

"Je titube hors de l’hôtel, toujours en état de choc (...). On m’emmène tout de suite après à une séance photo où m’attend l’acteur avec qui je partage l’affiche de Phantoms (NDLR : Ben Affleck). Je tremble, mes yeux sont remplis de larmes ; quand je confie à mon partenaire d’où je sors, il me dit : "Bordel de merde. Je lui ai dit d’arrêter ça."

Ça c'était en 1997. Ben Affleck est l'un des principaux poulains de Weinstein (avec Matt Damon). Lorsque le premier article du New York Times sur Weinstein sort en octobre 2017, Ben Affleck se croit obligé de publier une lettre, affirmant soutenir les femmes victimes du producteur et se disant "attristé"par toutes ces révélations.

Rose McGowan ne tarde pas à réagir le jour même : "Ben Affleck va te faire foutre".

Rose met en cause sa manager, qui se suicide

A plusieurs reprises dans son livre, Rose Mc Gowan évoque sa manager. C'est elle qui avait arrangé le rendez-vous avec Harvey Weinstein. Elle affirme avoir ensuite raconté le viol à Jill quelques jours après. Sa manager lui aurait conseillé de "voir ça comme un tremplin pour sa carrière, sur le long terme." 

J’étais terrifiée. J’étais tombée dans un monde arriéré, complètement tordu.

Jill Messick a ensuite quitté Rose McGowan et est partie travailler chez Miramax, le studio d'Harvey Weinstein.

Jill Messick s'est suicidée il y a deux semaines. Dans un long communiqué, sa famille accuse le livre de Rose McGowan et Harvey Weinstein d'être à l'origine de sa dépression. Selon ses proches, Jill aurait prévenu ses supérieurs en 1997 lorsque Rose McGowan lui a parlé du viol. Mais ils affirment que Rose n'a jamais utilisé le mot "viol". 

Rose crée son armée

Sur les réseaux sociaux, Rose Mc Gowan crée le hashtag #RoseArmy

"C’est un hashtag utilisé sur mes réseaux sociaux par ceux qui se considèrent comme des libres penseurs. Nous sommes une armée de la pensée. Nous sommes un groupe d’individus qui partagent une vision du monde différente, une autre façon de vivre".

Ronan Farrow 

Rose McGowan et Ronan Farrow à New York en février 2018
Rose McGowan et Ronan Farrow à New York en février 2018 © AFP / NOAM GALAI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Le 5 octobre 2017, le New York Times sort un premier article qui fait l'effet d'une bombe sur les agissement d'Harvey Weinstein. Il évoque "de nombreuses femmes victimes" dont l'actrice Ashley Judd. Concernant Rose McGowan, le New York Times n'évoque qu'un accord financier de 100 000 dollars après un "épisode"dans une chambre d'hôtel de Sundance. Selon l'avocate de Weinstein, ce deal ne prouvait pas sa culpabilité dans l'incident mais était destiné à "éviter toute poursuite". Rose McGowan refuse de s'exprimer dans le NYT.  Le 23 octobre 2017, une autre enquête à charge est publiée cette fois par Ronan Farrow, fils de Mia Farrow et Woody Allen, dans le New Yorker. Cette fois-ci, Rose Mc Gowan a parlé au journaliste. Elle lui a raconté son histoire

Rose McGowan soutien l'appel #MaintenantOnAgit

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