La manifestation contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse, a dégénéré mardi entre certains opposants et la gendarmerie mobilisée.

Des affrontements ont éclaté entre gendarmes et opposants au projet d'enfouissement de déchets nucléaires, mardi, dans la Meuse.
Des affrontements ont éclaté entre gendarmes et opposants au projet d'enfouissement de déchets nucléaires, mardi, dans la Meuse. © Radio France / Thomas Schonheere

Des incidents ont éclaté mardi à Bure (Meuse) en marge d'une manifestation contre le projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires. Entre 300 et 1 000 ont protesté, mais le rassemblement s’est terminé en affrontements dans le petit village de Saudron entre opposants et gendarmes, en fin d’après-midi.

Les militants anti-nucléaires parlent de six blessés graves, la préfecture de la Meuse ne confirme que trois prises en charge par les pompiers et souligne également que deux gendarmes, parmi les 300 mobilisés, ont été blessés par "un engin artisanal lancé par les opposants". Jets de projectiles d'un côté, gaz lacrymogène, canon à eau et grenades assourdissantes de l'autre, le cortège s’est finalement dispersé à travers champs.

Préfecture et opposants se rejettent la faute

La préfecture de la Meuse et les militants se rejettent la responsabilité de ces affrontements. Annie, une habituée des manifestations, a préféré partir avant la fin, mais pas question pour autant de condamner l'action des militants les plus virulents masqués, vêtus de noir, souvent plus jeunes. "Je suis de plus en plus partagée. Il y a tellement une grosse répression que je finis par les comprendre."

Michel (nom d’emprunt), un des opposants au projet, "ne souhaitait pas l’affrontement, mais il y en a effectivement eus avec la gendarmerie, parce qu’elle nous a empêché de manifester où on le souhaitait". Selon la préfecture, les opposants ont jeté des pierres sur des gendarmes "pré-positionnés à titre préventif", puis un peu plus loin leur ont jeté des cocktails Molotov.

Le calme est revenu temporairement

À l’issue des affrontements, une partie des manifestants est retournée dans le bois Lejuc qu'ils occupent, tandis que les gendarmes continuaient de surveiller les bâtiments de l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs à Bure.

Le projet Cigéo, objet d'une lutte juridique entre l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et ses opposants, vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

Les opposants ont par ailleurs récemment exhumé une photo, qui remonterait à octobre 2016, et sur laquelle on voit Nicolas Hulot, avant qu’il ne soit ministre de la Transition écologique et solidaire, tenir une pancarte proclamant "Cigéo Bure, je dis non !".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.