Près de 1 500 personnes manifestent ce mardi à Bure pour protester contre la création d'un site d'enfouissement de déchets nucléaires, sous haute surveillance de la gendarmerie.

Le 18 février dernier, deux opposants avaient été interpellés et un gendarme blessé lors de la manifestation contre le site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure.
Le 18 février dernier, deux opposants avaient été interpellés et un gendarme blessé lors de la manifestation contre le site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure. © AFP / FRANCOIS NASCIMBENI

Le 18 février dernier, déjà, la dernière grande manifestation pour protester contre la création d'une zone d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure avait pris une tournure plus violente. Un gendarme mobile avait été blessé, deux opposants avaient été arrêtés et au total, les forces de l'ordre qui encadraient la manifestation avaient dû tirer quelque 400 grenades lacrymogènes.

Une bataille rangée qui pourrait reprendre ce mardi, alors que les militants contre le projet veulent faire une démonstration de force en manifestant, cet après-midi, dans ce petit village de la Meuse.

Le cortège, parti à 14h, a été bloqué sur la route à la sortie du village par les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes. Il poursuit sa route à travers les sentiers communaux.

Pour éviter un scénario catastrophe comme cela s'était passé dans la ZAD, la zone à défendre de Sivens, où le manifestant Rémi Fraisse avait été tué par une grenade offensive, les autorités ont mobilisé d'importants dispositifs de sécurité.

Désormais, les gendarmes mobiles n'utilisent plus de grenades aussi dangereuses et ils n'auront pas, à Bure, à protéger des engins de chantier ou à déloger par la force les quelques militants installés dans des cabanes perchées dans les arbres du bois Jeluc, à proximité du site.

Crainte de débordements

Mais pour contenir d'éventuels débordements, les forces de l'ordre ont été renforcées ce mardi, en plus du bataillon de gendarmes qui est cantonné sur place et qui connaît bien les militants et autres acteurs locaux. Au total, près de 300 gendarmes auront à faire face aux 1 500 manifestants annoncés, mais surtout entre 80 et 100 Black blocks, ces militants activistes anti nucléaires allemands ou anarcho libertaires. Arrivés sur place ces dernières 48 heures, ils sont soupçonnés de préparer des opérations ciblées de harcèlement contre les gendarmes mobilisés.

Si ces soupçons sont avérés, la situation pourrait devenir plus violente en réalité qu'elle ne l'avait été à Sivens. Une éventualité redoutée par le ministère de l'Intérieur. En février dernier, déjà, Bruno Le Roux, ministre de l'Intérieur sous François Hollande avait affirmé que l'État n'accepterait pas l'établissement d'une nouvelle ZAD comme à Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes.

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