WFF publie des chiffres alarmants dans son rapport Planète vivante 2016 : entre 1970 et 2012, les populations de vertébrés se sont effondrées de 58% dans le monde. Et ça empire.

En Afrique, 110.000 éléphants ont disparu depuis 2006, victimes principalement du braconnage
En Afrique, 110.000 éléphants ont disparu depuis 2006, victimes principalement du braconnage © AFP / FEDERICO GAMBARINI / DPA

Le déclin des vertébrés s'accélère, selon le rapport Planète vivante 2016, publié mercredi par le WWF. En 42 ans, entre 1970 et 2012, WWF a enregistré un effondrement de 58% des populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde. Et ce déclin va empirer, sans action de la part de l'Homme : en 2020, les deux tiers des espèces vertébrées pourraient disparaître.

Le précédent rapport, paru en 2014, faisait état d'une chute de 52% des populations de vertébrés dans le monde entre 1970 et 2010.

"Nous sommes en partie responsable"

"On est en train d'assister à une régression de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables", relève Pascal Canfin, directeur général du WWF France qui alerte sur "un facteur de risque majeur pour nous [car] quand le vivant disparaît, c'est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée".

Avec la Société zoologique de Londres, notamment, le WWF a étudié 14.152 populations appartenant à 3.706 espèces vertébrées. Il en résulte que les animaux d'eau douce sont largement concernés par ce déclin : en moyenne, ils affichent un effondrement de 81% entre 1970 et 2012.

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Surexploitation et dégradation de l'habitat

Une baisse forte qui s'explique par la surexploitation, parfois involontaire (quand ils sont pris accidentellement dans des filets, comme les dauphins de rivière), dont ils sont victimes, ainsi que de la perte et de la dégradation de leur habitat.

Pour les espèces terrestres, la baisse est moins forte mais n'en demeure pas importante, avec -38%. Le nombre d'éléphants d'Afrique a par exemple diminué de 110.000 depuis 2006, principalement à cause du braconnage : selon les dernières données, il ne resterait aujourd'hui que 415.000 unités.

Les populations des milieux marins ont chuté de 36%. Un tiers des espèces de requins et de raies sont désormais menacées d'extinction, essentiellement en raison de la surpêche.

Le réchauffement climatique n'est pas le principal responsable et de loin

Pour chaque espèce en déclin, les causes principales sont la perte ou la dégradation de leur habitat par les activités agricoles, l'exploitation forestière, l'extraction minière, les transports ou encore la production d'énergie.

"Le 8 août 2016, l’humanité avait déjà consommé l’ensemble des ressources que la planète ne peut renouveler en une année", rappelle le WWF à l'occasion de la sortie de son rapport "Planète Vivante".
"Le 8 août 2016, l’humanité avait déjà consommé l’ensemble des ressources que la planète ne peut renouveler en une année", rappelle le WWF à l'occasion de la sortie de son rapport "Planète Vivante". © Visactu

Arrivent ensuite la surexploitation (chasse, pêche, braconnage...), la pollution (industries, urbanisation..), les espèces invasives, les maladies et après, seulement, le réchauffement climatique, dont l'impact est à ce jour jugé "relativement marginal" mais pourrait avoir des conséquences plus fortes dans les années à venir, notamment "parce qu'on n'en est qu'à un degré de réchauffement" planétaire par rapport à l'ère préindustrielle, d'après les précisions de Pascal Canfin.

Effets dévastateurs des inondations, sécheresses et tempêtes à venir

Si les températures s'emballent du fait des émissions de gaz à effet de serre, liées aux activités humaines, les scientifiques promettent des impacts dévastateurs pour l'homme et les écosystèmes, en raison d'inondations, sécheresses, tempêtes...

Pour réagir, le WWF appelle, à quelques jours de la réunion sur le Climat de Marrakech pour tenter de concrétiser les engagements de la COP21 de maintenir le réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C, à repenser notre mode de production alimentaire, ainsi que notre consommation et nos productions d'énergie.

Pour ce faire, le WWF encourage les investisseurs à soutenir des projets vertueux, pour opérer une transition du système économique mondial.

►►► POUR ALLER PLUS LOIN | L'intégralité du rapport Planète vivante 2016

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