"Nous allons imposer, au moins dans les trois semaines qui viennent, des règles très strictes pour éviter [que les transports] ne se transforment en vecteur de l'épidémie", a expliqué le Premier ministre jeudi après-midi.

Un usager portant un masque de protection à la station de métro Mairie de Clichy (Hauts-de-Seine), quasi vide en raison du confinement lié à l'épidémie de coronavirus (Covid-19), 8 avril 2020.
Un usager portant un masque de protection à la station de métro Mairie de Clichy (Hauts-de-Seine), quasi vide en raison du confinement lié à l'épidémie de coronavirus (Covid-19), 8 avril 2020. © Radio France / Victor Vasseur

"L'objectif du gouvernement est de permettre à ceux qui le doivent de se déplacer de le faire, en assurant la protection des usagers et des personnels de transports", a rappelé la ministre des Transports, Elisabeth Borne lors du point d'étape du gouvernement sur l'épidémie de coronavirus et le déconfinement, jeudi après-midi. Durant cette conférence de presse, le Premier ministre a donné son feu vert à la "levée progressive du confinement". Le gouvernement prévoit d'augmenter l'offre de transport de proximité et d'en limiter la fréquentation pour permettre le respect de la distanciation physique, mais une attention toute particulière est portée sur la région Île-de-France, car si "le nombre de cas baisse lentement mais surement", il reste "plus élevé que ce que nous espérions", a indiqué Édouard Philippe. Cette région "dense, peuplée, aux échanges nombreux (...) impose une discipline renforcée", a-t-il rappelé.  

Augmentation du transport de proximité, limitation des TGV

L'objectif du gouvernement est d'augmenter l'offre le plus vite possible et, en parallèle, maitriser la demande pour faciliter le respect de la distanciation physique dans les transports en commun. Dès le 11 mai, l'offre de transports de proximité (métros, trams, bus, TER) passera à un minimum de 50% de sa capacité, avec l'objectif d'un fonctionnement normal d'ici début juin. 

Les collectivités devront "prendre les dispositions permettant de limiter la fréquentation" dans les gares en fermant, si nécessaire, des stations et dans les véhicules, en condamnant un siège sur deux ou en réalisant des marquages au sol. Le port du masque sera obligatoire pour les passagers à partir de 11 ans et les contrevenants seront passibles d'une amende de 135 euros. 

Concernant les déplacements entre les régions, l'offre sera volontairement réduite pour les TGV et Intercités. De 7 %, l'offre passera à 20-30 % de sa capacité le 11 mai, pour atteindre, au maximum, 40 % à la fin du mois de mai. Les réservations seront obligatoires et l'occupation des trains plafonnée à 50 % du total des places. 

Le gouvernement insiste enfin sur la nécessité de limiter le trafic automobile et la formation de bouchons encourage le co-voiturage et les mobilités alternatives, comme le vélo.

Situation particulière en Île-de-France

À Paris et en Île-de-France, région classée "rouge", la RATP passera de 30 % actuellement à plus de 75 % de son offre dès le 11 mai. Mais "afin d'assurer la meilleure protection possible", la fréquentation (aujourd'hui à 6 %) "restera limitée à 15 %", a indiqué Elisabeth Borne. Dans le détail, 85 % sur la ligne 13, habituellement très chargée, et 100 % sur les lignes automatiques 1 et 14, 75 % des RER A et B, 75 % des bus et de 80 à 100% des tramways, a indiqué la RATP vendredi. 

Pour gérer le flux des voyageurs, "3.400 agents" seront déployés, "un million de stickers ont été déployés" sur tout le réseau pour marquer la distanciation physique et "limiter le croisement de voyageurs", a précisé la PDG de la RATP Catherine Guillouard lors d'une conférence de presse avec le secrétaire d'État aux Transports. 

Le télétravail restera la règle ; il est demandé aux employeurs d'étaler les horaires des salariés qui doivent se déplacer pour lisser la fréquentation des heures de pointes. L'accès aux transports en commun sera "réservé aux heures de pointe au personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant un motif impérieux pour se déplacer", comme cela a été réclamé par la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. 

60 stations sur 302 au total resteront fermées lundi au début du déconfinement, a annoncé vendredi le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari : toutes les gares RER seront ouvertes tout comme les stations de métro en correspondance avec les grandes gares parisiennes (Gare du Nord, Gare de l'Est, Saint Lazare) et les grands pôles de transport (Châtelet, Les Halles, Montparnasse), a précisé la RATP. À l'inverse, la station de métro République, l'une des plus fréquentées du réseau, restera fermée.

Les déplacements au-delà de 100 km autorisés sur présentation d'une attestation

Si dès le 11 mai, "il sera possible de sortir librement dans la rue sans attestation", Christophe Castaner a indiqué que les déplacements de plus de 100 km seraient toujours soumis à la présentation d'un document, dont le nouveau modèle sera mis en ligne prochainement sur le site du ministère de l'Intérieur. Des contrôles seront organisés dans les gares, autoroutes très fréquentées ou à l'arrivée des destinations touristiques. 

"Parcourir plus de 100 km au sein de son département reste possible sans limitation", a-t-il précisé. Pour un trajet de moins de 100 km, la présentation "d'un simple justificatif de domicile (l'attestation d'assurance, une facture, un chéquier)" sera suffisante. 

20 000 policiers ou gendarmes mobilisés

Pour faire appliquer ces mesures, les infractions à ces règles "continueront à être sanctionnées selon le régime spécifique à l'État d'urgence sanitaire", a encore indiqué Christophe Castaner. Le montant de l'amende reste toujours fixé à 135 euros

Les agents assermentés des collectivités et entreprises organisatrices de transports seront en première ligne pour faire respecter ces règles sanitaires et pourront verbaliser les contrevenants. "Au besoin", 20 000 policiers et gendarmes pourront être mobilisés, "en fonction des plans de transports"

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