Port du masque et distanciation obligatoires, le gouvernement a été clair : pas question que les transports en commun deviennent un lieu de contamination. Mais à quelques jours du déconfinement, les usagers du métro parisien sont sceptiques, notamment sur la ligne 13, généralement bondée en temps normal.

Même en temps de confinement, les rames de la ligne 13 du métro restent très fréquentées
Même en temps de confinement, les rames de la ligne 13 du métro restent très fréquentées © Radio France / Emmanuel Grabey

Avec le début du déconfinement lundi, il va falloir, pour beaucoup, reprendre les transports en commun. Le port du masque y sera obligatoire, et les règles de distanciation devront y être respectées a prévenu le gouvernement. Le maintien du télétravail et les modes de transport alternatifs sont encouragés pour éviter autant que possible l'affluence dans les rames, et la RATP promet une désinfection régulière des véhicules et des stations. Elle met aussi en place des signalétiques pour inciter les usagers à se tenir à distance les uns des autres mais pourrait, comme l'a révélé France Inter, ne pas rouvrir toutes les gares et stations de métro, de RER et de trains, faute de personnel disponible.

Plus de monde depuis quelques jours

Sur les quais de la station La Fourche, sur la ligne 13 du métro parisien, des petits traits blancs sont apparus sur le sol en début de semaine. "J'imagine que c'est tous les mètres pour qu'il y ait une personne tous les mètres", observe Clotilde, "ou alors c'est pour établir un sens de circulation". Chacun en est réduit aux hypothèses, sauf Fatima, qui ne veut pas se donner la peine de deviner leur fonction : "Quoique ce soit, vous pensez qu'ils vont être respectés ? Vu la population, non, je ne crois pas".

Les autocollants incitant les voyageurs à laisser libre un siège sur deux et les marquages au sol, elle ne leur prête aucune utilité. Elle connait trop bien les transports parisiens, elle y passe trois heures par jour entre son domicile de Melun et son lieu de travail. Elle s'inquiète de l'après-11 mai : 

"Je crains le pire. J'ai peur pour moi, j'ai peur pour mes enfants, j'ai peur pour le monde."

Le monde, il y en a de plus en plus depuis quelques jours de l’avis général. Sur le quai, Gino guette le wagon le plus désert de la rame qui entre en station. "Je prends toujours mon masque, mes gants, je le prends généralement le matin de bonne heure, il y a toujours une distance minimum d'un mètre entre chaque personne".

Respecter les règles élémentaires

En cette fin d'après-midi, début d'heure de pointe, les voyageurs sont bien espacés dans la voiture. Habituée de cette ligne bondée en temps normal, Fabienne apprécie de voyager à l’aise : "Sur des banquettes de quatre places, on arrive à être seul. Mais quand tout le monde va revenir, on ne pourra pas. Ils ont dit qu'ils mettraient plus de rames, donc on verra bien. De toute façon, il faudra bien aller bosser. J'ai un petit salaire, même le chômage partiel, pas question ! Je ne peux pas me permettre d'être payée 80% de mon salaire". Alors elle continuera de prendre le métro, mais sans compter sur le civisme des autres voyageurs, "les mauvais souvenirs de la grève sont encore trop frais".

D’autant que certains ne respectent même pas les gestes élémentaires. Inès et Lassana le constatent tous les jours. "Ils éternuent, ils ne se cachent pas, ils touchent les barres. Quand on est bousculé dans le métro, on est obligé de tenir les barres aussi, heureusement on a toujours du produit sur nous pour se désinfecter les mains. On ne prend pas tous les choses avec la même conscience, il y en a qui vont prendre ça plus au sérieux que d'autres".

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