Les députés ont voté ce jeudi matin en faveur d'une proposition de loi qui vise à rallonger le délai légal d'interruption volontaire de grossesse de 12 à 14 semaines.

La loi française autorise pour le moment l'IVG jusqu'à la 12ème semaine de grossesse.
La loi française autorise pour le moment l'IVG jusqu'à la 12ème semaine de grossesse. © Radio France / Xavier Demagny

Pourra-t-on bientôt avorter jusqu'à la 14e semaine de grossesse ? En tout cas, le texte a d'ores et déjà passé la barrière de l'Assemblée nationale : les députés ont voté ce jeudi matin en faveur d'une proposition de loi pour rallonger le délai d'interruption volontaire de grossesse. Elle doit encore être examinée par le comité d'Éthique et passer devant le Sénat. L'allongement de deux semaines de ce délai légal était issu d'une proposition de loi du groupe Écologie Démocratie Solidarité, pour éviter notamment d'être obligé d'aller avorter à l'étranger. D'ailleurs, pour ce qui concerne ce délai, comment se situe la France par rapport au reste de l'Europe ? Une infographie pour y voir plus clair : 

La France dans la moyenne, mais derrière l'Espagne, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni

La France fixe pour le moment le délai pour recourir à l'IVG à 12 semaines de grossesse, tout comme la plupart des pays européens. 12 semaines, c'est aussi le délai légal par exemple en Allemagne, en Italie, en Belgique ou encore en Grèce. Mais certains pays vont plus loin. Ainsi, l'Espagne et l'Autriche autorisent déjà l'interruption volontaire de grossesse jusqu'à la 14e semaine, comme le prévoit la proposition de loi débattue en ce moment en France. En Suède, les femmes peuvent avorter jusqu'à la 18e semaine de grossesse. Aux Pays-Bas, jusqu'à la 22e. Quant au Royaume-Uni, il reste le pays d'Europe où le délai légal d'avortement est le plus long, avec 24 semaines.

Mais certains pays européens restreignent toujours fortement l'avortement. C'est le cas en Pologne, où l'avortement n'est permis qu'en cas de viol, d'inceste ou de malformation irréversible du fœtus. Malte et Andorre interdisent eux totalement l'IVG, quel que soit le cas de figure. 

Et dans le reste du monde ?

En dehors de l'Europe, l'IVG reste dans de nombreux pays un sujet sensible. Aux États-Unis, où l'avortement a été légalisé en 1973, le débat reste vif entre les "pro-life" (anti-avortement) et les "pro-choice". Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les lois très restrictives ont tendance à se multiplier. Des lois ceci-dit souvent invalidées par les tribunaux dans plusieurs États, comme le Missouri, l'Arkansas ou la Géorgie.

En Amérique du sud, le droit à l'avortement est restreint dans de nombreux pays. Le Brésil, où les Églises évangéliques conservatrices sont particulièrement puissantes, n'autorise l'IVG qu'en cas de viol, de risques vitaux ou de malformations. C'est également le cas au Chili. En Argentine, un texte légalisant l'avortement avait été adopté en 2018 par les députés, avant d'être rejeté par les sénateurs. 

La législation sur l'IVG dans le monde à retrouver dans notre infographie :