Delphine Ernotte nommée Présidente de France Télévision
Delphine Ernotte nommée Présidente de France Télévision © SIPA/Romuald Meigneux

Delphine Ernotte est la nouvelle présidente de France Télévisions. Le 22 août, celle qui a Paris a passé toute sa carrière chez France Telecom Orange, succèdera à Rémy Pflimlin, candidat malheureux à un deuxième mandat.

Le vote ou les votes de ce jeudi après-midi ont permis de dégager une majorité et c'est finalement une femme de 48 ans qui prend la tête de France Télévisions. Elle a donc été préférée à Pascal Josèphe, ex-directeur d'Antenne 2, avec lequel elle était "arrivée en finale".

Actuelle directrice exécutive d'Orange, Delphine Ernotte-Cunci a derrière elle 26 ans de carrière chez l'opérateur. Manageur, gestionnaire, elle est par contre totalement dénuée d'expérience des médias.

Elle aurait été aidée dans sa campagne par Xavier Couture, ex TF1et Canal + et David Kessler ex Radio France et ex conseiller culture et communication auprès du président de la République, deux bons connaisseurs de l'audiovisuel qui travaillent aujourd'hui chez Orange. Sans oublier Christine Albanel, l'ancienne ministre de la Culture de Nicolas Sarkozy et désormais à la tête de la fondation Orange.

Le portrait de Delphine Ernotte avec Antoine Giniaux

Un choix scruté à la loupe

Cette élection intervient quelques jours seulement après la fin de la grève à Radio France, un conflit où le choix du CSA qui s'était porté il y a un an sur Mathieu Gallet, a été remis en cause. Les médias se demandent donc aujourd'hui si le CSA n'a pas décidé à nouveau de faire "un coup", en choisissant une femme qui n'a aucune expérience des médias, ayant effectué toute sa carrière dans le giron de l'opérateur téléphonique.

Le défi France Télévision

Malgré son inexpérience des médias, Delphine Ernotte devra réussir à rassurer les 10.000 salariés de France Télévision : un groupe fragilisé par des critiques incessantes, un budget de 2,8 milliards d'euros, un déficit de 9,8 millions d'euros, un plan de départs volontaires de 340 postes et une dotation d’État en baisse, ainsi que attention constante, mais pas toujours bienveillante, des politiques.

Un manque de transparence unanimement dénoncé

Les SDJ, Sociétés des journalistes des rédactions de France Télévisions écrivent :

L'équipe dirigeante va donc être choisie dans les bureaux d'un organe administratif de 8 membres, sans aucune transparence.

Ca partait pourtant d'une bonne initiative : pour permettre à des grands patrons du secteur privé de se déclarer candidats, le CSA s'était engagé à ne pas dévoiler la liste de noms. Mais cela implique aussi, dans ce cas, de ne pas rendre publics les programmes des candidats, ainsi que leur audition.

Tout ce secret, les fuites inévitables et les déclarations de ceux qui - à l'étonnement général - n'ont même pas passé la première présélections destinée à écrémer les dossiers peu sérieux, ont ajouté à la suspicion que ce genre d'élection suscite toujours.

Elle faisait partie des favoris : Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde a été écarté par un courrier de quatre lignes. Même traitement pour Emmanuel Hoog, Président Directeur-Général de l’AFP et Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active, qui amer de n'avoir pu défendre un projet sur lequel il dit avoir travaillé durant neuf mois, il a choisi de prendre l'opinion publique à témoin en publiant son projet sur internet. Membre du CSA jusqu'en 2013, Rachid Arhab regrette le mode de désignation choisi par le CSA :

Je trouve dommage que cette procédure manque de transparence et se fasse quasi en catimini. [...] Le public a le droit de savoir comment on nomme les présidents de France Télévisions, Radio France et France Médias Monde.

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