Edouard Philippe présentait ce mercredi un plan pour améliorer la situation des demandeurs d'asile, tout en prévoyant l'expulsion rapide de ceux qui ne peuvent y prétendre.

L'ancienne "jungle" de Calais, en août 2016, symbole de l'échec de l'accueil des migrants en France
L'ancienne "jungle" de Calais, en août 2016, symbole de l'échec de l'accueil des migrants en France © Reuters / Pascal Rossignol

Les associations sur le terrain le disent depuis longtemps, le gouvernement le répète : la France n'est pas à la hauteur dans sa gestion de l'afflux de migrants qu'elle connait depuis plus de trois ans. D'où ce projet de loi, que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb présentera en septembre. Il devra à la fois améliorer la situation, et notamment l'hébergement des migrants (que ce soit l'accueil d'urgence ou l'accompagnement vers un logement plus pérenne), mais aussi accélérer les procédures d'examen des demandes d'asile, pour accélérer les éventuelles expulsions des migrants qui ne correspondent pas à ses critères.

Le plan prévoit notamment des places d'hébergement supplémentaires (12.500 au total, dont 5.000 places provisoires et 7.500 places en Centre d'accueil pour demandeurs d'asile). Une augmentation nécessaire, mais loin d'être suffisante selon la Cimade, qui rappelle que seule la moitié des demandeurs d'asile étaient hébergés en début d'année.

Edouard Philippe précise également que le plan doit permettre "de respecter la dignité de ceux qui arrivent dans notre pays pour demander l'asile, mais aussi de ceux qui ne le demandent pas". Tout en assurant que les personnes déboutées de leur demande (le Premier ministre souhaite que la procédure prenne moins de 6 mois, contre 14 en moyenne aujourd'hui) seront "systématiquement l'objet d'une mesure d'éloignement".

Éviter les nouvelles "jungles"

L'objectif est aussi d'éviter le plus possible la formation de nouvelles "jungles" comme à Calais, où des migrants (qui ne demandent le plus souvent pas l'asile) attendent de pouvoir passer en Angleterre. Sur le terrain, les associations mais aussi le Défenseur des droits lui-même ont constaté "des atteintes aux droits fondamentaux d'une exceptionnelle et inédite gravité" (manque de sommeil et d'eau, menaces contre les migrants et les représentants des associations). Le gouvernement assure de son côté qu'il souhaite allier "souci d'efficacité et impératif d'humanité".

Pour y parvenir il faudra aussi discuter avec la Grande-Bretagne, notamment des accords du Touquet, qui placent la frontière franco-britannique à Calais, avant toute traversée, et créent une impasse difficile à gérer pour les autorités françaises. Et avoir beaucoup de patience : "il faut être deux pour renégocier", regrette le Premier ministre. "Nous avons redit à chaque fois que nous voulions rediscuter, c'est quelque chose sur lequel on veut essayer de retravailler". Mais évoquer la solidarité européenne avec un pays qui prépare son Brexit risque d'être difficile...

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