A Paris, 40 % du denier de l'Église est récolté pendant la période des fêtes. Une période cruciale alors que le nombre de donateurs baisse. Pour boucler leur budget, les diocèses ciblent donc les nouveaux donateurs, plus jeunes. Et pour les séduire, dans le 12e arrondissement, on pousse la chansonnette.

Dans le 12e arrondissement, le père François Lainé sensibilise les fidèles avec une adaptation de Michel Sardou
Dans le 12e arrondissement, le père François Lainé sensibilise les fidèles avec une adaptation de Michel Sardou © Capture d'écran Youtube

Chaque année, même enjeu pour les diocèses : boucler les budgets. Pour cela, les Églises peuvent compter sur les fidèles qui versent le traditionnel "denier du culte", une contribution qui représente 40 % des 700 millions d'euros perçus chaque année par l'Église, devant les quêtes, les legs, le casuel (contributions pour les baptêmes, mariages et sépultures) et les offrandes de messes. Des dons qui servent à rémunérer les 12 000 prêtres en activité et les 11 000 laïcs salariés.

Mais le nombre de donateurs baisse : l'an dernier, ils n'étaient qu'1,128 millions. À Paris, cela représente 9 % de personnes en moins en dix ans. Pour y remédier, les Églises doivent innover. Une campagne de communication inédite est lancée ce mardi, partout en France.

Craintes démographiques

Désormais appelé "denier de l'Église", ce don capital va être mis en avant sur des affiches, dans des spots radios et des encarts publicitaires. Car ce qui inquiète l'épiscopat, ce n'est pas le montant des dons : il est plutôt en hausse, avec une somme moyenne de 226 euros l'an dernier, contre 2017 en 2015). Mais de toucher des donateurs plus jeunes et notamment des trentenaires. 

Car, rapportait l'AFP fin novembre, pour Mgr Maurice Gardès, archevêque d'Auch chargé d'un plan d'action pour le denier, "la cause première" de la raréfaction des donateurs "est démographique". Leur moyenne d'âge est élevée - autour de 65-70 ans -, et "le relais des donateurs n'est pas forcément assuré par la génération suivante".

Chanson et paiement par carte

Pour séduire, les idées sont nombreuses. Dans le 12e arrondissement parisien, Emma Sarango est s'est rendue dans l'Église Saint-Antoine des Quinze-vingt où le père François Lainé a adapté une chanson de Michel Sardou qu'il entonne pendant la messe pour inciter les fidèles au don. Dans sa paroisse, il manque encore 40 000 euros pour boucler le budget. 

Pour rendre le don plus facile, le diocèse expérimente l'installation de terminaux de carte bancaire dans plusieurs églises parisiennes, 6 à 8 exactement, comme l'explique Christophe Rousselot, responsable du pôle ressources du diocèse de Paris.

Après avoir cassé leur tirelire pour Noël, les catholiques sont donc invités à donner. Et c'est une période cruciale puisqu'en fin d'année, c'est en moyenne 40 % des dons qui sont perçus par les Églises.

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