Le Conseil supérieur de l'audiovisuel fête ce jeudi les dix ans de sa campagne de communication pour limiter le temps passé devant les écrans par vos enfants. Pendant trois jours, un spot (télévisé, évidemment) rappelle des règles quasi immuables. Tandis que, de leur côté, les écrans ont bien changé...

Le CSA veut éviter que les enfants ne passent trop de temps devant les écrans
Le CSA veut éviter que les enfants ne passent trop de temps devant les écrans © Capture YouTube

"Pas d'écran avant trois ans", c'est le thème de la campagne de trois jours du CSA, pour sensibiliser les parents à la surexposition de leurs petits aux différents types d'écrans. Cette campagne existe depuis 2008, et en dix ans elle n'a pas forcément beaucoup évolué : à l'heure où les enfants passent souvent plus de temps devant des dessins animés sur les plateformes de vidéo en ligne, ou sur des applications et jeux sur tablettes, le CSA communique... à la télé et à la radio. Bref, sur les médias traditionnels.

Désuet ? Peut-être, mais pour Carole Bienaimé-Besse, membre du CSA depuis 2017, on a déjà parcouru beaucoup de chemin en dix ans de campagne : "Je peux vous dire qu'il y a dix ans, on nous disait : 'le gendarme vient nous censurer et venir dans nos familles nous expliquer ce qu'on doit faire'. C'était très mal perçu, y compris par d'autres qui considéraient que notre message était extrême et qu'il n'avait pas lieu d'être."

Le Haut conseil de santé publique analyse la question

Pourtant, certains pensent aujourd'hui à l'inverse que cette campagne n'est pas suffisante, et qu'il faudrait par exemple passer à une information quotidienne, à l'image de celle sur les "cinq fruits et légumes par jour". Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, précise qu'elle a aussi saisi le Haut conseil de santé publique sur le sujet. Elle attend ses recommandations.

En dix ans, le CSA a presque toujours orienté ces campagnes sur la télévision, comme ici en 2011 :

...Ou sur les images et contenus potentiellement inadaptés qu'elle fournit à tous les téléspectateurs, y compris aux enfants.

Mais l'organisme peine à adapter cette communication aux enjeux d'Internet, qui remplace de plus en plus souvent la télévision dans les chambres des enfants ou des ados. Et tout autant à contrôler les contenus qu'on y trouve. Et si le combat s'était déjà déplacé sur d'autres types d'écrans ?

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