nicolas demorand quitte libération
nicolas demorand quitte libération © reuters

L'ancien présentateur de la matinale de France Inter a annoncé ce matin qu'il démissionnait de son poste de directeur du journal Libération . Depuis son arrivée en 2011, son autorité est de plus en plus contestée. La rédaction et les actionnaires gardent des visions incompatibles sur le modèle économique à mettre en place pour sauver leur publication.

La crise couvre depuis plusieurs mois, elle s'est sévèrement aggravée ces derniers jours. Et elle aboutit au départ de Nicolas Demorand. Le directeur du quotidien depuis 2011 a annoncé sa démission ce matin sur le site lemonde.fr. __

Libération vit désormais une crise ouverte, je cristallise une partie des débats et j'estime qu'il est de ma responsabilité de patron de redonner des marges de manoeuvre aux différentes parties.

Vendredi, la rédaction était en grève et le journal n'est pas paru. Ce jour-là, lactionnaire principal Bruno Ledoux présentait son nouveau plan : Libération ne sera "plus seulement un éditeur papier mais un réseau social, créateur de contenus monétisables sur une large palette de supports multimédias" . Un projet qui ne semble pas du tout convenir aux 258 salariés.

Le reportage de Rudi Guilmin, au siège de Libération à Paris

L'urgence budgétaire en arrière-plan

Cette nouvelle crise interne est évidemment liée à la situation économique du journal. Les ventes de Libération sont en chute libre (15% de moins en 2013), il se vend désormais à 100.000 exemplaires et les recettes publicitaires suivent le même mouvement. L'an dernier, le quotidien a perdu plus d'un million d'euros. Aujourd'hui, il n'a plus que quelques mois de trésorerie devant lui."Ma décision résulte d'une divergence stratégique profonde", explique Nicolas Demorand, qui n'a pas réussi à faire prendre à l'entreprise le virage numérique qu'il ambitionnait pour le quotidien. Il dit partir sans regret. "J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir", déclare-t-il, tout en espérant que son départ "profitera à l'équipe de Libé et à ce journal irremplaçable".

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