Encore un peu de patience. Dans la nuit de samedi à dimanche, Thomas Pesquet aura atteint sa résidence pour les six prochains mois : la Station spatiale internationale.

La fusée qui véhicule Thomas Pesquet vers l'ISS, au décollage jeudi
La fusée qui véhicule Thomas Pesquet vers l'ISS, au décollage jeudi © AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

Plus que quelques heures de patience pour Thomas Pesquet : dans la nuit de samedi à dimanche, il atteindra sa nouvelle résidence, la Station spatiale internationale, où il va passer les six prochains mois. Depuis son lancement réussi de Boïkonour jeudi soir, l'astronaute et son équipage se trouvent dans le vaisseau Soyuz.

50 heures pour rejoindre la station spatiale

Pour l'heure, le vaisseau russe est en rotation autour de la terre, en même temps qu'il rattrape la Station spatiale internationale afin de s'y arrimer. Alors que sur Terre, relier Paris à Bruxelles se fait en 1h40 en train, dans l'espace, pour parcourir la même distance, il existe deux procédures possibles : la plus courte prend six heures et quatre tours de Terre, la longue 50 heures et 34 révolutions. C'est cette procédure qui est utilisée pour le vol de Thomas Pesquet.

Comment le vaisseau Soyuz finit-il par rattraper la station spatiale, une fois largué à 220km d'altitude par la fusée ? "Lorsque vous êtes plus bas vous tournez plus vite, donc le vaisseau va rattraper la station tout en remontant petit à petit. Et en même temps, il va freiner pour se remettre à la vitesse de la station. Enfin, des manœuvres finales permettent au vaisseau de se mettre dans l'axe de la station pour faire l'amarrage", explique Lionel Suchet, chargé de l'innovation au Centre national d'études spatiales.

Tout cela se passe à 28.000 km/h. Toutes les maneouvres sont automatiques, mais à tout moment, l'équipage peut reprendre el contrôle manuel du vaisseau. Lors du contact, un mât situé à l'avant du Soyuz vient se clipser dans le port d'amarrage de l'ISS, comme un bouton-pression. Huit crochets viennent ensuite bloquer la capsule. Il faut ensuite procéder aux vérifications de l'étanchéité et de la pression notamment, ce qui prend deux heures de plus, avant que l'équipage puisse entrer dans sa nouvelle maison.

Une vie en trois dimensions

Une fois dans la station spatiale internationale, Thomas Pesquet devra penser la vie en trois dimensions. Dire de la station qu’elle a la taille d’un terrain de football, ne donne au fond qu’une idée limitée de l’espace dont dispose les astronautes pour leur vie quotidienne. Il faudrait plutôt parler en volume habitable : presque 400 mètres cubes.

Depuis 2011, sa construction est finie et le nombre de modules ne varie plus : laboratoires scientifiques où les occupants passent beaucoup de temps, espace de vie, salle de sport , chambre à coucher, salon d’observation de la terre, zone de rangement… Il ne manque qu'une cuisine. Mais il faut dire qu’il n’y a rien à préparer : tout est en sachet sous vide ou lyophilisé.

Chacun a sa chambre : disposées en cercle, elles font la taille d’une cabine téléphonique. Thomas Pesquet pourra personnaliser la sienne avec quelques photos qu’il fixera au mur par des bandes velcro. Pas de matelas, pas de coussin : c’est inutile ici, on s’enfile dans un sac de couchage qu’on peut sangler pour diminuer le sentiment de flottaison, car le cerveau ne sait plus si le corps est debout ou allongé.

Les toilettes ressemblent à des toilettes terrestres qu’on aurait miniaturisés avec aspirateur pour la grosse comme pour la petite commission. Pas de douche bien sûr mais des linges humidifiés et du shampoing sec. Pas de lessive non plus : les vêtements salis sont stockés et renvoyés sur terre. Le samedi est jour de ménage pour les 6 astronautes, et le dimanche sera journée libre.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.