En 2016, le blog officiel de la National Rifle Association s'enthousiasmait pour l'AR-15, qu'il désignait comme l'"arme préférée des Américains". Des Américains peut-être, mais des tueurs de masse assurément : l'AR-15 a de nouveau été au cœur d'un massacre, celui de Sutherland Springs au Texas.

Un AR-15 dans les mains d'un vendeur d'armes aux États-Unis
Un AR-15 dans les mains d'un vendeur d'armes aux États-Unis © Maxppp / Yin Bogu

Aux États-Unis, l'AR-15 est très populaire. Le blog de la NRA s'en félicitait au début de l'année 2016, en décrivant cette arme semi-automatique comme la "préférée des Américains". Pourquoi ? Parce qu'elle est personnalisable, fiable, adaptable et précise. Et semi-automatique ! C'est à dire qu'elle ne tire qu'une seule munition par appui sur la détente, mais qu'elle se recharge toute seule tant qu'il y a des munitions dans le chargeur. Et tout cela pour un prix tout à fait abordable, puisqu'on peut en acheter un exemplaire pour moins de 1 000 dollars.

En fait, cette arme fait tellement bien ce pour quoi elle a été conçue – tirer, blesser, tuer – qu'elle est utilisée par de nombreux tueurs de masse. Le massacre de l'église de Sutherland Springs n'en est que le dernier exemple. L'AR-15 a été retrouvée dans l'arsenal du tueur du strip de Las Vegas, qui a fait 58 morts en octobre dernier. Les 50 victimes de la boîte de nuit d'Orlando en 2016 ont été tuées par une arme similaire à l'AR-15, un Sig Sauer MCX. L'AR-15 est impliquée également dans les tueries de San Bernardino en 2015 et de l'école de Sandy Hook en 2012. Cette arme est donc présente dans les 5 pires tueries de ces dernières années aux États-Unis. 

De 1994 à 2004, les fusils d’assauts ont été interdits aux États-Unis

Ce genre de fusil d’assaut a pourtant déjà été prohibé aux États-Unis. Pendant dix ans, de 1994 à 2004, le Federal Assault Weapons Ban a interdit la fabrication d'armes semi-automatiques à usage non-militaire. Mais, malgré de nombreuses tentatives, notamment après Sandy Hook, cette interdiction n'a pas été renouvelée. Pour la plus grande frustration des militants anti-armes à feu.

Une frustration d'autant plus importante que ces tueries sont une véritable vitrine médiatique pour l'AR-15 et qu'elles lui font une formidable – quoique particulièrement morbide – publicité. Rien d'étonnant donc à ce que les ventes d'AR-15 aient bondi après Orlando ou Sandy Hook. En 2013, le New York Times évoquait l'arme la plus recherchée d'Amérique. 

Walmart ne vend plus d'AR-15 depuis 2015

Une lueur d'espoir tout de même : en 2015, quelques semaines après le massacre d'Orlando, le géant de la grande distribution américaine Walmart a décidé d'arrêter de vendre des AR-15 et autres fusils d'assaut. Officiellement pour des raisons économiques – difficile à croire puisque les ventes à ce moment-là étaient très importantes. Walmart est l'un des plus gros vendeurs d'armes aux États-Unis, sa décision a donc du poids. Peut-être le signe que certains acteurs économiques américains ne considèrent plus comme profitable le fait de vendre des engins de morts, quelles qu'en soient les conséquences.

► CARTE | 35 années de tueries de masse aux États-Unis

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.