Tolérance zéro contre les fumeurs dans les trains.
Tolérance zéro contre les fumeurs dans les trains. © Radio France / Oanna Favennec

Un décret devrait être pris par le Conseil d’Etat prochainement pour permettre aux agents de la sécurité ferroviaire en civil de mettre des PV à ceux qui s’en grillent une dans les wagons.

Sur la ligne P du transilien, qui dessert l’est parisien, le phénomène est connu. C’est même une habitude. Gary, qui fait deux fois par jour le trajet Longueville-Gare de l’Est, relate ce qui se passe au quotidien :"Ils prennent un wagon pour eux, ils fument. Vous n’avez même pas accès au wagon, puisque c’est infect. Ils n’ont aucun civisme. Les contrôleurs le savent pertinemment, mais ne viennent pas."

La plupart des usagers sont résignés, et ont intégré cet état de fait dans leurs habitudes, à l’instar d’Henri-Claude : "Je choisis toujours le wagon où il n’y a pas de fumeurs à l’intérieur." Et c’est aisé de repérer où monter, car les fumeurs vont toujours au même endroit, dans le wagon de queue, direction Paris. Et toujours sur les mêmes lignes : celles qui assurent la liaison entre Château-Thierry, Provins, et la gare de l’Est.

104 infractions verbalisées en un an

Ces réfractaires à l’interdiction de fumer dans les trains, entrée en vigueur en 2007, reçoivent régulièrement des amendes. Sur la ligne P, l’année dernière, 104 infractions ont été verbalisées. Mais cela ne change rien à la situation.

La SCNF voit donc arriver ce décret du Conseil d’Etat avec soulagement, car l’uniforme handicape, explique Laurent Agostini, le directeur adjoint de la sûreté pour la zone Est du réseau francilien : "Dès que nous sommes vus par des clients indélicats, ils s’arrêtent de fumer, et nous ne pouvons pas constater l’infraction. Et il n’y a rien de plus frustrant que de ne pas pouvoir mettre un PV à quelqu’un qui viole la loi."

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Décision du CNSTC

Le Conseil d’Etat devrait en effet valider prochainement le principe édicté par le Comité national de la sécurité dans les transports en communs (CNSTC) le 16 décembre : un assouplissement des règles permettant aux agents de la sûreté ferroviaire d’opérer en civil. Le nombre d’infractions successives caractérisant le délit de fraude d’habitude devrait également passer de 10 à 5.

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