Les plages des Antilles sont envahies par les sargasses.
Les plages des Antilles sont envahies par les sargasses. © Radio France / Cyril Graziani

C’est un problème auquel François Hollande va être confronté lors de son voyage aux Antilles qui démarre demain : une invasion d’algues, les sargasses. Des algues brunes toxiques qui n’ont rien à envier à leurs cousines vertes qui sévissent de l’autre côté de l’Atlantique.

Personne ne sait vraiment d’où elles viennent. Ces algues se décrocheraient à cause de la déforestation, du réchauffement climatique. Ce qui est sûr c’est qu’elles polluent les plages des Antilles. À Capesterre, sur l’île de Marie-Galante, le médecin Stéphane Catoni, est inquiet après avoir récupéré des relevés dans les écoles :

En CE1, cinq élèves se plaignaient de maux de ventre, six de maux de gorge et d’éternuements, et douze autres de nausées.

Mortelle à haute dose

La cause de ces maux pour le médecin ? Aucun doute : les sargasses qui se sont échouées sur le rivage et dans le port. Elles dégagent de l’hydrogène sulfuré, une odeur d’œuf pourri. Et c’est surtout un gaz dangereux pour l’homme :

L’intoxication aux sulfures d’hydrogène est mortelle à haute dose. La question est la suivante : à petite dose, qu’est-ce que ça donne ?

Pour prouver la nocivité de ce gaz, Stéphane Catoni sort deux pièces de monnaie de sa poche :

Cela fait dix jours qu’elles étaient soumises au vent qui souffle sur le port. Le côté non exposé est parfaitement net et le côté non exposé est entièrement noir. Voilà ce que cela peut faire sur une pièce. Alors sur un humain ?

La face exposée au vent est devenue noirâtre.
La face exposée au vent est devenue noirâtre. © Radio France / Cyril Graziani

Le médecin menace de faire évacuer la ville dans quinze jours. Quant à la maire du village, Marlène Miraculeux-Bourgeois, elle est découragée :

J’ai demandé à ce que ce phénomène soit déclaré "catastrophe naturelle", mais jusqu’ici l’État m’a fait comprendre que cela ne relève pas de son domaine.

L’élue a arrêté de faire ramasser les algues : trop cher, et surtout parce que le lendemain, ses plages étaient à nouveau envahies par les sargasses.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.