Déclaration en ligne des revenus ou de la CAF, prise de rendez-vous administratifs ou médicaux... Le numérique est devenu essentiel et représente un véritable handicap lorsque l'on ne sait pas s'en servir. Emmaüs connect lutte contre l'illectronisme en apprenant l'usage de l'informatique dans des ateliers pratiques.

Mukenge, bénéficiaire de 32 ans qui a appris avec des bénévoles d'Emmaüs connect, comme Ibrahim ici à Saint-Denis, à se servir d'un ordinateur.
Mukenge, bénéficiaire de 32 ans qui a appris avec des bénévoles d'Emmaüs connect, comme Ibrahim ici à Saint-Denis, à se servir d'un ordinateur. © Radio France / Julie Guesdon

Éviter "l'illectronisme", comprendre l'illétrisme numérique, en proposant des formations. Emmaüs a lancé depuis plusieurs années un programme Emmaüs connect, destiné à aider les plus défavorisés à accéder aux services en ligne. Et depuis plusieurs mois, propose des ateliers pour initier le public à l'utilisation d'un ordinateur.

A Saint-Denis, dans l'antenne d'Emmaüs connect, Mukenge, mère de famille sans emploi de 32 ans, a pu bénéficier du programme. Avec fierté, elle explique comment, désormais, elle sait envoyer et consulter des e-mails, acheter en ligne sur les sites de ventes privées ou dénicher des bonnes affaires sur le Bon Coin ou encore prendre en ligne les rendez-vous à la préfecture, où elle vient de retirer son titre de séjour. 

La jeune femme est désormais capable d'envoyer seule ses candidatures à des emplois, une victoire pour Inès Gandon, responsable d'antenne en Seine-Saint-Denis, qui rappelle que la fracture numérique touche "bien plus de monde" qu'on ne le croit : "Il y a 5 millions de personnes qui cumulent précarité sociale et précarité numérique. Cela touche des ménages précaires sans emploi, mais cela touche également des actifs pour qui, jusqu'alors, le numérique n'était pas un obligation, mais pour qui, à l'avenir, cela va devenir un pré-requis."

Inquiétude autour des plus jeunes

Contrairement aux idées reçues, les "digital natives", la génération la plus jeune qui est née avec un smartphone dans les mains, ou presque, n'est pas à l'abri de l'illectronisme. S'ils maîtrisent à merveille l'usage des réseaux sociaux, les jeunes actifs ne sont pas toujours aussi à l'aise lorsqu'il faut postuler à un emploi, rédiger un mail professionnel ou ajouter ne serait-ce qu'une pièce jointe à un courrier électronique.

Autant de pré-requis indispensables pour trouver du travail, alors que les plus jeunes sont largement confrontés au chômage. Dans une étude sur les habitudes numériques des jeunes en insertion professionnelle, réalisée en 2015, Emmaüs Connect pointait la nécessité de prendre cette problématique en main, d'autant plus, rappelle l'étude, que 17 % des 15-29 ans étaient recensés en 2013 comme sortis du cursus scolaire, sans suivre une formation ou avoir trouvé un travail.

Emmaüs connect en appelle d'ailleurs aux bonnes volontés et recherche toujours des bénévoles, pour venir animer les ateliers d'initiation ou les accompagnements personnalisés d'une part, mais pour participer à développer le projet et à le faire connaître auprès du grand public.

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