L'interdiction des pesticides néonicotinoïdes, votée par les députés, va finalement s'accompagner de dérogations jusqu'en 2020.

Les néonicotinoides, sont mis encause dans l'hécatombe des abeilles.
Les néonicotinoides, sont mis encause dans l'hécatombe des abeilles. © Maxppp / AltoPress / Maxppp

Dans la nuit de mercredi à jeudi, en 3e lecture du projet de loi Biodiversité, l'Assemblée nationale a certes interdit ces produits neurotoxiques nocifs pour les abeilles à partir de septembre 2018. Mais cette interdiction est accompagnée de dérogations possibles jusqu'en 2020.

L'interdiction des néonicotinoïdes ne sera pas réelle

"Dans la pratique, l'interdiction des néonicotinoïdes ne sera donc pas réelle avant 2020!", explique l'ONG Générations futures. "Sachant qu'ils déciment environ 300.000 colonies d'abeilles tous les ans en France, ce sont 1,2 million de colonies dont l'Assemblée vient de décider de la disparition", détaille l'association. "Le gouvernement doit se reprendre" estime-t-elle. La Fondation Hulot (FNH), se dit "soulagé" du maintien de l'interdiction en 2018, "seul signal susceptible d'imposer progressivement des alternatives à l'usage de ces produits dangereux".

Se prémunir des maladies transportées par les insectes

Mais elle critique aussi la possibilité de dérogations. Ces dérogations seront décidées seront décidées sur arrêté ministériel, "alors que les alternatives existent et que deux années sont suffisantes pour faire sortir ces produits des fermes". Ces pesticides sont très persistants dans les sols et les eaux, "disparaîtront réellement (...) deux ans après leur interdiction", explique l'ONG.

L'ONG "Agir pour l'environnement", estime que "la pression du lobby agricole a encore payé": "ce gouvernement a une nouvelle fois pris une décision qui revient à simuler une interdiction qui dans les faits n'adviendra que dans quatre longues années". Pour se prémunir des maladies transportées par les insectes, une partie des producteurs pensent ne pas avoir d’autre choix que les néonicotinoïdes. De leurs côtés, les associations de défense de l’environnement et les apiculteurs évoquent d’autres solutions comme la rotation de cultures et la lutte biologique. Le vote définitif doit intervenir en juillet.

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