A Nemours, les niveaux atteints lors de la crue de 1910 (4,25 m) ont été dépassés.
A Nemours, les niveaux atteints lors de la crue de 1910 (4,25 m) ont été dépassés. © MaxPPP

Le gouvernement annonce le déblocage en urgence de plusieurs dizaines de millions d’euros pour venir en aide aux victimes des inondations, particuliers et professionnels, alors que la vigilance reste de mise dans certains départements.

Des dégâts qui pourraient dépasser le milliard d’euros, déjà plus de 40.000 sinistres déclarés, des récoltes agricoles à la poubelle, et des centres-villes dévastés : il faudra encore plusieurs jours pour avoir le bilan complet des inondations en Ile de France et dans la région Centre, mais il s’avère déjà très lourd.

À tel point que le gouvernement a annoncé ce lundi qu’il allait débloquer plusieurs dizaines de millions d’euros pour aider les victimes. Manuel Valls l'a annoncé à l'issue d'une réunion de travail avec les ministres concernés.

Le gouvernement a décidé de mobiliser un fonds d'extrême urgence pour les personnes sans ressources qui ont tout perdu dans cette catastrophe.

Cette aide exceptionnelle, qui devrait être versée dans les jours qui viennent, sera gérée par les préfets de département , en lien avec les centres communaux d'action sociale.

Les commerçants et les agriculteurs, sources d’inquiétude

L'arrêté de catastrophe naturelle sera signé mercredi , et publié au Journal officiel jeudi. Rien que dans le département de la Seine-et-Marne, il devrait concerner, selon un premier bilan de la préfecture, près de la moitié des communes (220 sur 511).

Du côté des professionnels,le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll,doit réunir lundi représentants du monde agricole et élus de Seine-et-Marne , alors que de nombreux exploitants affirment avoir perdu la récolte d’une année.

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, doit lui réunir ce lundi une "cellule de continuité économique" , avec pour objectif de débloquer, là encore, des aides exceptionnelles, pour permettre le redémarrage rapide de l’activité économique dans les communes frappées.

Vigilance toujours de mise, malgré la décrue

Manuel Valls a ajouté quele bilan humain n'avait pas évolué, restant à quatre morts et 24 blessés .

L'heure est à la décrue mais plusieurs situations font toujours l'objet de vigilance particulière: la Seine aval, le Cher, l'Essonne en amont de Corbeil-Essonne. La décrue sera longue, et certains équipements ont été fragilisés. Le retour à la normale prendra donc du temps.

Au total, 14 départements étaient encore en vigilance orange "crues-inondations" lundi matin , dans la région Centre, en Normandie et en Ile-de-France.

À Paris, la décrue se confirme : le niveau de la Seine est redescendu à 5,36 m lundi à 9h , contre 6,10 m dans la nuit de vendredi à samedi. Il s'agit de la plus forte crue depuis 1982 dans la capitale (6,18m), très loin cependant de celle de 1910 (8,62m).

En Indre-et-Loire, le débit du Cher s'est stabilisé mais restait au-dessusde la cote d'alerte . Quelque 850 personnes évacuées à titre préventif jeudi et vendredi à l'ouest de Tours n'étaient toujours pas été autorisées à rentrer chez elles dimanche soir.

Quelque 7 000 foyers étaient toujours privés d'électricité lundi matin, la plupart en Ile-de-France.

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