Ce dimanche, la marche des fiertés passe le périphérique. Des étudiants de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, entendent dénoncer discriminations envers les personnes LGBT, mais aussi envers les quartiers populaires. L'homophobie n'y est pas plus présente qu'ailleurs, selon eux.

Luca Poissonnet et Yanis Khames, organisateurs de la première marche des fiertés en banlieues, ce dimanche à Saint-Denis
Luca Poissonnet et Yanis Khames, organisateurs de la première marche des fiertés en banlieues, ce dimanche à Saint-Denis © Radio France / Rémi Brancato

Pour la première fois, une marche des fiertés se déroule ce week-end dans une ville de banlieue parisienne et non dans la capitale, comme à son habitude. Ce dimanche, à partir de 14h30, la marche des fiertés en banlieues a lieu dans le centre de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, à l'initiative d'étudiants de la ville.

Avec cet événement, l'association "Saint-Denis ville au cœur", créée par des étudiants de l'université Paris 8, entend dénoncer les "LGBT-phobies" dans les quartiers populaires, mais aussi les clichés envers ces quartiers. Pour ces étudiants, il est tout aussi possible de militer pour les droits LGBTQi+ en banlieue qu'ailleurs et, si l’homophobie y est présente, elle n'y est pas plus forte que dans d'autres territoires.

Dans les quartiers populaires, l'accumulation des discriminations

Une marche "intersectionnelle", car ses organisateurs entendent mettre en avant le fait de se trouver, pour la plupart, à l'intersection de plusieurs discriminations. "En général quand on est en banlieue, on est plus pauvre que la moyenne, on est souvent immigré, racisé, et on subit toutes ces discriminations en plus", explique Yanis Khames, fondateur de l'association "Saint-Denis ville ouvert"

Il tenait donc à organiser une marche spécifique aux quartiers populaires. "La marche des fiertés à Paris laisse très peu d'espace à ces populations-là" avance-t-il. "Les personnes qu'on y voit le plus souvent sont Parisiens, blancs, subissent les discriminations LGBTQI+ mais sans subir les autres."

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"Il faut créer des espaces pour les personnes LGBTQI+ à Saint-Denis, qui ne sont pas les mêmes qu'à Paris" - Yanis Khames, organisateur de la marche des fiertés en banlieues

Par Rémi Brancato

Pas plus d'homophobie en banlieue

Les organisateurs entendent aussi battre en brèche l'idée d'une homophobie plus développée en banlieues qu'ailleurs. "La démarche est bien accueillie" assure Luca Poissonnet, autre organisateur de l'événement. Nina Col, étudiante, qui a offert son aide pour organiser, n'a ressenti aucune hostilité lors des distributions de tracts pour l'événement. "J'en ai autant donné à des mamans qui avaient un voile qu'à des cadres en costard-cravate" détaille-t-elle.

"Il n'y a pas plus de LGBTQI+-phobie en banlieue qu'ailleurs, partout en France il faut faire un travail de lutte contre ces discriminations" conclut Luca, regrettant simplement un manque à combler de structures militantes dans les quartiers populaires.

Les passages piétons décorés aux couleurs arc-en-ciel, à l'occasion de la première marche des fiertés des banlieues le dimanche 9 juin à Saint-Denis
Les passages piétons décorés aux couleurs arc-en-ciel, à l'occasion de la première marche des fiertés des banlieues le dimanche 9 juin à Saint-Denis © Radio France / Rémi Brancato

L'événement de Saint-Denis a reçu le soutien de la ville, qui a hissé le drapeau arc-en-ciel sur la façade de la mairie. "C'est le cas de le dire, c'est un peu une fierté!" sourit Yanis. L'Inter-LGBT, SOS homophobie ou Act Up-Paris apportent aussi leur soutien et seront présents au village des associations sur le parvis de la Basilique, où la marche doit arriver.

Pour financer l'événement, l'association lance aussi un financement participatif. Une cagnotte est ouverte en ligne.

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