Jeudi matin, le ministre de la Santé a alerté sur les "signaux faibles de reprise épidémique" auxquels on assiste "dans certains hôpitaux parisiens". Nous avons interrogé trois infectiologues qui travaillent dans des hôpitaux à Paris. Ils font état d'une légère "reprise" de cas dont un certain nombre sont importés.

L'hôpital Bichat, à Paris, où l'on constate une légère hausse des hospitalisations pour des cas de Covid-19
L'hôpital Bichat, à Paris, où l'on constate une légère hausse des hospitalisations pour des cas de Covid-19 © AFP / Lionel BONAVENTURE / AFP

Pour la première fois, le gouvernement fait part de signes – qui méritent une "attention particulière" – de reprises de l'épidémie en région parisienne. Sur France Inter, le ministre de la Santé Olivier Véran a dit jeudi matin son inquiétude liée à des "signaux faibles de reprises épidémiques" que font remonter des hôpitaux d'Île de France : "Nous assistons dans certains hôpitaux parisiens à des signaux faibles de reprise épidémique", a déclaré le ministre. Interrogés par France Inter, trois infectiologues qui travaillent dans des hôpitaux parisiens confirment une légère recrudescence des nouvelles hospitalisations, avec quelques cas par hôpital, dont la plupart sont "importés".

Des cas autochtones et des cas importés de l'étranger

Un médecin infectiologue qui travaille dans un hôpital parisien confirme qu'il y a des signaux d'une reprise. "Ce que dit Véran est vrai et ça fait 21 jours que c'est le cas", nous dit-il. Ces nouvelles admissions ont "une double origine", selon lui. Des "cas autochtones avec une contamination qui s'est réalisée après le confinement". Et "des retours de l'étranger".  Il cite à cet égard le Mali, le Sénégal et l'Algérie qui est confrontée à une forte poussée du Covid-19.

Une autre infectiologue qui travaille dans un autre hôpital parisien fait un constat comparable pour son établissement. "Il n'y avait pas de nouvelles hospitalisations depuis plusieurs semaines" et "depuis dix jours" il y a à nouveau des cas "dont une part importante de cas arrivés d'Algérie", selon lui. 

Le cabinet de Véran alerté il y a dix jours

Ce médecin indique que le cabinet d'Olivier Véran a été alerté de cette situation parisienne il y a une dizaine de jours. Un troisième médecin à qui nous avons parlé jeudi, qui travaille lui aussi dans un hôpital parisien, parle pour la capitale "d'une poignée de cas dans chaque hôpital alors qu'il n'y en avait plus du tout". Lui aussi souligne qu'il y a un certain nombre de cas importés parmi ces nouvelles hospitalisations.

Il y a huit jours, sur France Info, Xavier Lescure, médecin spécialiste en maladies infectieuses à l’hôpital Bichat avait alerté sur une "une petite reprise d'activité": "Depuis quelques jours, et on n'est pas le seul service en Île-de-France et même en France, on a constaté une petite reprise d'activité avec des Covid-19 aigus, des Covid-19 tout récents, soit des contaminations sur le sol français, soit des retours de voyage. Par exemple, pour les patients de Bichat, les gens reviennent d'Algérie, du Mali, du Bangladesh, etc."

Une dizaine de nouvelles hospitalisations par jour en Ile-de-France

A l'échelle de la région, les données publiées par les autorités sanitaires montrent un très léger frémissement depuis deux semaines. Alors qu'il n'y avait jamais eu plus de 15 nouvelles hospitalisations par jour pour des cas de Covid depuis la début juin, il y en a eu 18 et 17 jeudi et vendredi dernier. Mais le rythme a ralenti depuis. 

Majoritairement des cas peu graves

Les nouvelles hospitalisations auxquelles on assiste sont "majoritairement des cas peu graves détectés très rapidement et ne s'aggravant pas", précise un des médecins interrogés. Selon lui, "les corticoïdes prescrits en cas de signes d'inflammation", "ça marche". Il y a aussi eu quelques cas plus graves nécessitant une prise en charge en réanimation mais ils ne dépassent pas la dizaine ou la vingtaine de cas pour tout l'AP-HP en un mois, selon lui. 

Interrogé par France Inter sur la déclaration du ministre de la santé, un porte-parole d'AP-HP n'a pas souhaité apporter de précisions. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.