La police face aux migrants à Calais
La police face aux migrants à Calais © corbis

1,5 millions d'euros pour des voyages en jet privé... La facture n'est pas celle d'un homme politique entre deux meetings, ou bien d'une star de la chanson.

Non! Ce sont les migrants et/ou réfugiés de Calais qui depuis le fond de la jungle se retrouvent contraints de voyager vers Nîmes, Rennes ou bien encore Metz en jet privé.

C'est le site d'information Streetpress qui publie cette enquête.

Selon nos informations, près de 12 vols ont eu lieu au mois d'octobre à destination de Toulouse, Nîmes ou Perpignan. Yann Gallic

Le coût de cette pratique est exhorbitant

David Rohi, membre de la Cimade, association pour aider les migrants

3 vols par semaine... pour 1,5 million d'euros par an

Selon cette enquête, l'avion serait loué à une entreprise privée Twin Jet, installée à Aix en Provence. L'appareil est un Beech 1900, utilisé d'habitude pour les opérations de reconduite à la frontière.

Dix fonctionnaires de police de la PAF, la police aux frontières, et deux pilotes seraient mobilisés chaque semaine pour faire tourner le système.

Chaque vol ne porterait pas plus de cinq réfugiés, l’avion ne comptant que 19 places assises. La procédure imposerait deux fonctionnaires à bord pour surveiller un sans papier…

Karim : deux fois transférés à Hendaye

Le site d’information Streetpress développe l’histoire de Karim, un jeune afghan, contraint de voyager en jet privé pour faire Calais-Hendaye à deux reprises… Interpelé le 27 août à Calais, le jeune homme se serait retrouvé dans les Pyrénées Atlantiques le jour même.

Placés en rétention puis relâchés… et retour à la jungle

Une fois emmenés dans la ville définie par les autorités, les migrants font trois petits tours en centre de rétention, et puis s’en vont reprendre la route, mais cette fois par leurs propres moyens. Selon Streetpress :

La totalité des réfugiés transférés en avion sont relâchés

Bernard Cazeneuve ne souhaite pas réagir

Le ministre de l'Intérieur a refuser d'évoquer le sujet au cours de la conférence de presse organisée ce mardi, place Beauvau, pour parler de la gestion des problèmes liés aux migrants et aux réfugiés.

Bruno Le Roux, lui, a répondu sur le plateau d'i-télé. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale estime que:

C'est un moyen de transport, ce n'est pas quelque chose de luxueux un jet. Ce n'est pas quelque chose qui devrait être réservé à la finance ou aux patrons du CAC 40.

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