Pic de pollution à paris, le 18 mars 2015
Pic de pollution à paris, le 18 mars 2015 © MaxPPP

Une étude réalisée par Airparif démontre que des pesticides, d’ordinaire repéré dans les sols, rivières et nappes phréatiques tout au long de l’année, polluent aussi l’air quotidien respiré en Île-de-France.

Airparif révèle les résultats d’une étude faite en 2014, pour laquelle elle a travaillé sur 170 substances chimiques , repérées dans l’air à partir de deux stations de mesures parisiennes, l’une située dans le 18e arrondissement, la seconde au sud de l’Essonne, dans une zone agricole.

Les résultats sont éloquents : des pesticides présents partout , à la ville comme en zone rurale, où les niveaux sont d’ailleurs plus élevés. D’après Airparif, le printemps reste la zone la plus chargée , même si des améliorations ont été enregistrées depuis 2006.

Sur l’ensemble de l’année, Airparif a trouvé 38 substances chimiques différentes en zone urbaine, et 36 à la campagne. 26 substances ont été trouvées en commun dans les deux zones étudiées, sachant qu’à la campagne, la pollution due aux herbicides est majoritaires , alors que les insecticides sont davantage repérés en ville .

Les particuliers responsables de la pollution

90% des pesticides sont vendus aux agriculteurs, et parmi les 10% restant, les plus gros consommateurs sont les particuliers (86%), loin devant les collectivités (10%) ou les sociétés de transports (3%).

Car il suffit de traiter un chien contre des parasites, une charpente contre les termites, de désherber son jardin ou de traiter ses plantes contre les pucerons, et chaque particulier a sa responsabilité dans cette pollution ambiante.

Par ailleurs, si l’étude évoque, en zone rurale, une baisse de ces substances détectées entre 2006 et 2014, Airparif repère toujours dans l’air 15 composants qui sont normalement interdits (52 détections en ville, et 14 en ville).

Pour l’instant, aucune réglementation de dangerosité des seuils d’utilisation n’existe, et ce point, soulevé d’ailleurs par la cour des comptes en décembre 2015, constitue toujours une faiblesse du dispositif de santé publique contre la pollution de l’air.

Pour l’instant, les moyens manquent, ce qui rend incertaine la possibilité de remplir cette mission (Jean-Félix Bernard, président d’Airparif)

Le reportage de Marie Blondiau, de France Bleu 107.1

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