Des poumons "reconditionnés"  pour être greffés.
Des poumons "reconditionnés" pour être greffés. ©

C'est une expérience pleine d'espoir que vient de mener pendant 5 ans l'équipe de chirurgie thoracique de l'hôpital Foch à Suresnes. Elle s'apprête à en publier les résultats. Pour pallier la pénurie récurrente de greffons, l'équipe transplante désormais des poumons qui jusque-là n'auraient pas été sélectionnés pour une greffe.

Ce sont des poumons de donneurs plus âgés ou en moins bonne santé. Avant de les greffer, l'équipe les "reconditionne". Résultat: le malade est greffé plus vite, ce qui augmente ses chances de survie et surtout, ça marche ! Les résultats de l'expérience, financée notamment par l'association vaincre la mucoviscidose, sont très concluants.

Des poumons en parfait état

Pour être greffés, des poumons doivent être en parfait état. Le donneur idéal étant jeune, moins de 56 ans, et non-fumeur sauf que des greffons parfaits, ou presque, il n'y en a pas tant que cela. Chaque année, on en manque. Il faudrait faire en France 400 greffes de poumons par an mais faute de greffon, on n'en a fait l'an dernier que 340, d'où l'idée de cette équipe de l'hôpital Foch.

Des greffons pas jugés transplantables

Pour disposer de davantage de greffons, elle a imaginé une technique pour remettre en état de marche optimale des greffons qui au départ n'étaient pas jugés transplantables. Ces poumons, avant de les greffer, on les met sous cloche, on les perfuse comme l’explique le docteur Edouard Sage membre de l'équipe.

45 transplantations en plus

En l'espace de 5 ans, cette méthode a permis d'augmenter le nombre de transplantations pulmonaires à Foch de 16%, soit 45 transplantations en plus et une réduction du temps d'attente des candidats à la greffe. Il y a moins d’un mois d’attente aujourd’hui explique Edouard Sage.

Les résultats sont probants puisque la survie à un an est la même qu'avec des greffons standard. L'équipe de l'hôpital Foch espère maintenant que l'expérience va se généraliser et que le surcout de cette méthode, 15.000 euros tout de même, pourra être pris en charge par la sécurité sociale.

Le reportage de Véronique Julia :

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