Depuis le début de la crise sanitaire, les organisations étudiantes ne cessent de l'alerter sur la détresse psychologique des étudiants, contraints de suivre leurs cours à distance. Au lendemain des annonces de nouvelles restrictions, elles ont été reçues par le Premier ministre ce vendredi.

Pendant le premier confinement, près d'un étudiant sur trois (31 %) a présenté des signes de détresse psychologique, selon une récente étude de l'Observatoire de la vie étudiante (OVE).
Pendant le premier confinement, près d'un étudiant sur trois (31 %) a présenté des signes de détresse psychologique, selon une récente étude de l'Observatoire de la vie étudiante (OVE). © Maxppp / XAVIER DE FENOYL

La prise de parole de la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, les avaient laissés sur leur faim, jeudi soir. LA FAGE, premier syndicat étudiant, espérait ainsi davantage de mesures destinées à soutenir les étudiants en cette période de crise sanitaire. "La situation est critique, il faut rouvrir les universités au plus vite", implorait de son côté Mélanie Luce, la présidente du syndicat étudiant UNEF. 

Conscient des difficultés pédagogiques à l’université, le gouvernement a autorisé les étudiants de première année à reprendre les Travaux Dirigés, en demi-groupe, à partir du 25 janvier. Pour les autres élèves, il faudra patienter et le calendrier reste très incertain. 

De nouveaux psychologues bientôt recrutés 

En attendant une hypothétique reprise des cours dans les amphis, Jean Castex a reçu les représentants des organisations étudiantes ce vendredi. L’occasion pour le Premier ministre de confirmer le recrutement de 80 psychologues dans les CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) dans les six prochains mois. Soit un doublement des effectifs.

Mais avec 1 psychologue pour 30 000 étudiants, la France reste bien en retard par rapport aux autres pays. Aux États-Unis, c’est 1 pour 1500 étudiants et au Canada, 1 pour 3000, selon un rapport de l’association Nightline, une plateforme d’écoute destinée aux étudiants.

"Nos lignes sont vite saturées en ce moment", témoigne Florian Tirana, président de Nightline et élève à AgroParisTech. Cent vingt bénévoles s’activent pour répondre à l’inquiétude de certains jeunes. "Ils nous parlent de leurs problèmes relationnels, de leur solitude mais aussi de leur inquiétude vis-à-vis de leur cursus"

Le recrutement de nouveaux psychologues est donc une avancée selon lui, "mais cela reste insuffisant lorsque l’on compare la situation avec d’autres pays." 

La mise en place d’un "chèque santé mentale"

Pour éviter les délais d’attente avant de voir un psychologue, les organisations étudiantes réclamaient une aide du gouvernement pour que ceux qui en ont besoin puissent consulter dans le domaine libéral.

Le Premier ministre leur a confirmé qu’un "chèque santé mentale" était à l’étude. Le dispositif est encore en discussion mais d’après Paul Mayaux, président de la FAGE, il pourrait s’agir d’un chèque permettant de "couvrir 2-3 consultations, l’équivalent d’une centaine d’euros. Il ne faut pas que les étudiants aient à avancer les frais, vue la situation c’est impossible."  

Des précisions sur ce chèque seront apportées dans les prochains jours. "Si cela n'aboutit pas, les mesures destinées aux étudiants resteront très limitées", assène-t-il.