Le président de l'Université Paris Nanterre a remis, ce lundi, les attestations de niveau de langue aux étudiants réfugiés, après dix-huit mois de formation en langue française

Les diplômes ont été remis ce mardi
Les diplômes ont été remis ce mardi © AFP / Marc WATTRELOT

Une cérémonie particulière avait lieu ce lundi à l'Université de Nanterre. 26 réfugiés recevaient le diplôme de français qui leur permet désormais de s'inscrire à l'université. 26 élèves, syriens pour la plupart, âgés de 34 ans en moyenne, tous titulaires d'une licence dans leur pays d'origine, mais qui ne parlaient pas un mot de notre langue en arrivant en France.

Ils ont suivi des cours pendant un an et demi, aidés dans leurs études par des parrains et marraines étudiants, volontaires pour faciliter leur accueil, leur intégration, ainsi que leur apprentissage de la langue française. Des étudiants réfugiés très motivés pour apprendre le français, sans doute en raison de ce qu'ils ont vécu.

Racha, 27 ans, était interne en médecine quand elle a quitté la Syrie. Pour elle, les enseignantes étaient aussi des assistantes sociales, des confidentes : "ce n'était pas une relation entre professeurs et étudiants, on était presque une familles, on nous a posé des questions sur notre vie, si on avait des difficultés, elles nous ont aidé. Nous avons quitté Homs, après mon père est mort; c'était trop dur de rester en Syrie avec ma mère et ma sœur".

Les progrès ont été rapides à raison de 18 heures de français par semaine, dispensés par des professeurs de Français Langue étrangère. Parmi elles, Maéva Gall enseigne à Nanterre : "Le premier cours avec des étudiants débutants on apprends à se présenter 'je m'appelle - verbe être et verbe avoir - je suis syrien', et on terminé avec un cours où on faisait un débat philosophique avec des débats politiques ou philosophiques. le dernier débat qu'on a faut c'était 'pour ou contre le revenu universel', pour savoir donner une opinion il faut un certain bagage linguistique; donc c'est assez extraordinaire."

Extraordinaire, exceptionnel. Les avis sont unanimes. Du français intensif sanctionné donc à présent par ce diplôme : le niveau B2 en langue française, qui leur permet de s'inscrire dans des cursus universitaires à la rentrée 2017-2018.

Cet été Racha fera un stage dans un hôpital et espère poursuivre en master à l'université. Ses camarades feront des études en anglais ou en économie. Tous prennent un nouveau départ.

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