A l’heure des grandes vacances, c’est une solution choisie par de plus en plus de familles. Avec 180 000 jeunes et encadrants, le scoutisme connait une progression spectaculaire en France. Un mouvement qui veut s’élargir au-delà de la sphère catholique.

Des Scouts d'Europe, lors d'un rassemblement à Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois, en Normandie (août 2014)
Des Scouts d'Europe, lors d'un rassemblement à Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois, en Normandie (août 2014) © Maxppp / PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Marc Ollivier

Si les catholiques pratiquants sont sur le déclin (4,5% des Français déclaraient, en 2010, se rendre une fois par semaine à la messe), il n’en va pas de même pour le scoutisme. Avec 180 000 adeptes – la Belgique fait certes aussi bien avec une population six fois moins importante – il a presque doublé d’importance en cinq ans et 67% des Français en ont une opinion positive (d’après un sondage Opinion Way du 9 mai 2018).

Des camps scouts musulmans, bouddhistes ou laïques

Trop "cathos", valeurs traditionalistes, organisation militaire… Les camps scouts ont longtemps été perçus comme réservés aux enfants de bonnes familles fréquentant l’Eglise. Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui.

Il existe une dizaine d’associations de scoutisme agréées par l’Etat. Si les Scouts d’Europe revendiquent un catholicisme conservateur, d’autres promeuvent au contraire un scoutisme laïque, comme les Eclaireuses et Eclaireurs de France, mais aussi protestant, israélite, musulman (Scouts musulmans de France, créés en 1991) et même bouddhiste (Eclaireurs de la Nature, 2007).

Un chef scout qui alternait entre camps laïques, cathos et bouddhistes racontait à l’Obs, en 2016, que "les Eclaireurs de la Nature sont rarement bouddhistes : c’est plutôt que leurs parents sont intéressés par cette philosophie ou sont écologistes puisque, sur les camps, on mange bio, local et principalement végétarien. […] Qu’ils soient bouddhistes, cathos ou laïques, les camps se déroulent presque tous de la même manière".

La religion, une composante minoritaire du scoutisme ?

Sans nier leur inspiration religieuse, les associations préfèrent communiquer sur les valeurs de citoyenneté, de fraternité ou d’entraide qu’elles véhiculent. Les familles peuvent ainsi y voir une dimension éducative. Les scouts participent en effet à des projets d’intérêt général, comme la prévention des feux de forêt dans les Bouches-du-Rhône ou l’aide aux habitants de l’île de Saint-Martin après le passage de l’ouragan Irma. 

Pour la sociologue Audrey Rouger, spécialiste du mouvement, interrogée par La Croix, "les scouts ont su se renouveler en présentant le scoutisme comme un moyen d’acquérir des compétences utilisables dans la vie professionnelle […] : parler en public, monter un projet, travailler en autonomie…"

Des colonies de vacances bon marché ?

Les familles peuvent également être attirées par les associations scouts en raison de leurs prix très attractifs : entre 20 et 140€ pour la cotisation en fonction des revenus des parents, 100 à 120€ pour une semaine de camp. A tel point qu’une récente directive européenne très contestée au sein du milieu les assimile au secteur du tourisme. 

Pour attirer encore plus de monde, les scouts entendent s’ouvrir davantage aux classes populaires. Des opérations sont ainsi menées dans les banlieues en Île-de-France ou autour de Lyon notamment. 

Connaissez-vous l'histoire du scoutisme ?

C'est en 1907 qu'un général britannique anglican à la retraite, Robert Baden-Powell, organise un premier rassemblement d'une vingtaine de jeunes sur l'île de Brownsea, dans le sud de l'Angleterre. Il en réunit 11 000 l'année suivante à Londres. Les premières associations françaises suivent en 1911, malgré les réticences de l'Eglise catholique face à une invention protestante... 

Durant la Seconde guerre mondiale, le scoutisme est interdit par le régime de Vichy (les Eclaireurs isréalites de France sont même dissous), avant de défendre la paix franco-allemande en 1947. 

En pleine guerre du Golfe, les Scouts de France participent à la création des Scouts musulmans de France, en 1991. Le 1er août 2007, pour le centenaire du mouvement, tous les scouts du monde regardent le soleil se lever. En 2015, 15 000 scouts se réunissent à Strasbourg pour remettre un texte au Parlement sur l'Europe de demain. 

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