Sous-marin nucléaire
Sous-marin nucléaire © Max PPP

Un plan d'égalité homme-femmes au sein de l'armée va se poursuivre afin de lever "les freins" qui pèsent sur le développement des carrières féminines. En 2017, trois femmes officiers embarqueront ainsi pour la première fois à bord d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins.

Interdits aux femmes jusqu'à présent, les sous-marins pourraient ainsi s'ouvrir au personnel féminin. En 2015, trois premières femmes débuteront ainsi une formation, afin de pouvoir embarquer en 2017.

Selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian

C'est un symbole, mais c'est le symbole comme quoi les femmes participent totalement à l'effort de défense.

Parmi les opposants à cette mesure: certaines femmes de sous-mariniers, selon lesquelles une cohabitation n'est pas concevable.

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Plan d'action contre les violences sexuelles dans l'armée

Plus globalement, le ministre français de la Défense a présenté mardi un plan d'action pour prévenir les risques de harcèlement et lutter contre les violences sexuelles au sein de l'armée après la publication d'un livre qui a levé le voile sur ce phénomène. La parution, en février, de "La Guerre invisible", qui brosse le portrait d'une armée française où les cas de harcèlements physiques et verbaux sont légion, avait conduit les autorités à annoncer l'ouverture d'une enquête dont les conclusions ont été remises mardi à Jean-Yves Le Drian.

Devant quelque 200 hauts responsables civils et militaires réunis à l'Ecole militaire, à Paris, le ministre a ainsi déclaré:

Les agissements dont nous parlons ici, quel que soit leur nombre, sont absolument intolérables. Ici encore plus qu'ailleurs, tant les armées ont vocation à être exemplaires, tant l'honneur est la vertu cardinale des militaires. Nous savons que des cas existent, ces cas sont rares mais un seul cas est déjà un cas de trop. Il n'y a qu'une politique qui vaille, celle de la tolérance zéro.

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Face au défi que constituent ces violences au sein de l'armée la plus féminisée d'Europe avec 15% de femmes, loin devant l'Allemagne et la Grande-Bretagne, une cellule va être créée pour tenter de faciliter la remontée d'informations. Baptisée "Thémis", cette instance, placée au sein du contrôle général des armées, sera chargée de recueillir les signalements directs par courriel ou par appel de la victime au réseau "Ecoute Défense", et de traiter ces signalements en enquêtant "indépendamment de la hiérarchie". Elle aura également pour mission de s'assurer que la victime bénéficie bien de mesures de protection et de proposer "des mesures conservatoires, et le cas échéant, des sanctions".

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Le ministre reconnaît toutefois un manque de visibilité des cas signalés et un manque d'information sur les droits des victimes, dont une grande majorité n'osent pas témoigner par crainte de représailles ou pour leur carrière. L'accompagnement des victimes va donc être amélioré tout comme l'accompagnement du commandement qui sera mieux épaulé pour savoir comment réagir face à ces situations. La formation des personnels va être renforcée en matière de prévention et la notion de harcèlement, moral et sexuel, va être inscrite dans le code de la Défense et le Code du soldat. Un droit à la protection juridique des victimes de harcèlement sera également ouvert.

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