Selon les représentants de la filière, 300 producteurs de colza français ont été obligés de détruire leurs parcelles, après la découverte de traces d'OGM. En cause, un semencier français qui a produit ses graines en Argentine. Les producteurs se sentent floués, et dénoncent des incohérences dans la législation.

Faucheurs d'OGM en avril 2000 dans l'Ariège (illustration)
Faucheurs d'OGM en avril 2000 dans l'Ariège (illustration) © AFP / Pascal Pavani

Au total, 8000 hectares ont été semés avec ces graines importées par le semenciers français Delkab (du groupe Bayer/Monsanto). Et même si les taux de contamination aux OGM sont très faibles (0,005 %), il faut détruire les parcelles en question.

Sauf que cette contamination fortuite et involontaire, découverte sur le tard, agace profondément les producteurs. Comment expliquer que les contrôles n'aient pas eu lieu plus tôt, avant la commercialisation des semences ? C'est ce que demande notamment Arnaud Rousseau, président de la Fédération des producteurs d'oléagineux et protéagineux. "Ce qui me choque, c'est que le contrôle ait lieu a posteriori", lance ce producteur de colza. "Vous savez, pour un agriculteur, quand vous vous êtes éreinté à préparer votre terre, la semer, l'entretenir... Et que finalement, à la moitié de la saison, on vous demande de tout détruire, c'est pas une bonne nouvelle."

En France, on ne produit pas d'OGM, mais on peut en importer

Au-delà de cet incident, la filière dénonce l'incohérence, pour ne pas dire l'hypocrisie, autour des OGM. Car si les semis de colza transgénique sont interdits, les importations de produits contenant des OGM sont elles autorisées : que ce soit pour l'alimentation du bétail, les biocarburants dans nos voitures et même dans nos assiettes. Il suffit que les produits soient étiquetés (obligation d'étiquetage en Europe pour les aliments qui contiennent plus de 0,9% d'OGM par ingrédient)

"Moi en tant que producteur, on m'interdit la production d'OGM, mais on en importe tous les jours dans tous les ports européens, et les consommateurs en ont tous les jours dans leurs repas", s'indigne Arnaud Rousseau. "Nous, on a toujours le même discours : il faut de la cohérence. _Soit on considère que c'est un problème, et dans ce cas-là on les interdit, en production et en consommation. Soit on se met en cohérence._"

De son côté, le syndicat agricole Coordination rurale accuse les autorités d'avoir trop tardé entre la découverte des semences contaminées en octobre dernier et l'information donnée aux agriculteurs. La FNSEA, elle, veut s'assurer que Dekalb indemnisera bien les producteurs.

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