Des résidus de pesticides ont été retrouvés dans la poussière de maisons à proximité de vignes, vergers et champs de céréales. Parmi eux, une majorité de perturbateurs endocriniens

Des pesticides retrouvés dans des maisons proches des vignes du bordelais
Des pesticides retrouvés dans des maisons proches des vignes du bordelais © MaxPPP

Entre huit et trente pesticides par habitation ont été détectés dans la poussière des échantillons de ces maisons situées entre 0 et 200 mètres de cultures.Plusieurs perturbateurs endocriniens ont été détectés en quantité importante. Les perturbateurs endocriniens (présents dans des pesticides, des plastiques, des cosmétiques, etc.) sont soupçonnés de causer cancers, malformations congénitales, retards de développement chez les enfants, etc.

Les enfants en danger

L'association admet elle même que l'échantillon est trop faible pour avoir valeur scientifique, mais elle veut alerter sur le fait que des personnes sont en permanence exposées à des résidus de pesticides. Nadine Lauvergeat, porte-parole de l'ONG Générations futures, est l'invitée du journal d'Yves Decaens :

On voit des enfants jouer dans leur jardin et un pulvérisateur qui passe à proximité... Les parents sont inquiets, affirme Nadine Lauvergeat, porte-parole de l'ONG Générations futures

Selon l'ONG, les habitants de ces zônes agricoles sont exposés à ces résidus même l'hiver alors que la consommation de pesticides par les agriculteurs est en baisse, preuve qu'ils sont particulièrement résistants.

Les habitants baignent dans une poussière de pesticides toute l'année, s'inquiète Nadine Lauvergeat, porte-parole de l'ONG Générations futures

Une substance interdite retrouvée dans les habitations

Selon l'ONG, trois produits ont été retrouvés dans tous les échantillons: le perméthrine, le tebuconazole et le dimethomorph. De plus, une autre substance, interdite en France depuis 2008, le diuron, aurait été retrouvée dans la quasi totalité des habitations.

C'est comme une pluie très fine que l'on reçoit sur nous, dès qu'ils traitent les parcelles. Nous avons des dépôts jaunes sur les tables, témoigne Marie Paré au micro de Sandy Dauphin. Elle habite à Vourles au Sud de Lyon. Sa maison est située juste au bord d'un verger de pommes.

L'Europe condamnée

La règlementation européenne ne définit toujours pas ce qu'est ou ce que n'est pas un perturbateur endocrinien. L'Union européenne devait pourtant faire un règlement sur le sujet fin 2013. Le texte a finalement été repoussé à 2017. Le Tribunal de l'Union européenne, saisi par la Suède, a d'ailleurs condamné la Commission pour manquements à ses obligations pour ne pas les avoir définis.

En attendant,il n'existe pas de réglementation sur ces substances , alors que les preuves de leur dangerosité s'accumulent. L'ONG Générations futures rappelle que la France a la possibilité de prendre des mesures sur un produit particulier si elle le souhaite, sans attendre une décision européenne.

Elle réclame des mesures de protection rapides pour les personnes directement exposées , et que tous les lieux de vie soient concernés par la loi d’avenir agricole, et pas seulement les écoles comme c'est le cas actuellement. Les enfants sont effectivement épargnés dans les cours d'écoles mais pas à la maison. Elle préconise également d'aider les agriculteurs à changer leurs pratiques pour aller progressivement vers l’agriculture biologique.

►►► ECOUTER| L'interview de Nadine Lauvergeat, porte-parole de l'ONG Générations futures

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