Les représentants des services d'urgence proposent une certification des centres d'appels du Samu à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Le Samu 94 à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil
Le Samu 94 à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil © Radio France / Sébastien Baer

Les centres d'appels du Samu devraient être "certifiés" par la Haute autorité de santé et adopter dans un délai de deux ans maximum "une politique de management de la qualité" fondée sur une norme internationale, ont proposé lundi des représentants d'urgentistes à Agnès Buzyn.  

Suite aux révélations sur la mort de Naomi Musenga, après des dysfonctionnements au Samu de Strasbourg, la ministre de la Santé avait reçu en mai des syndicats d'urgentistes, leur réclamant des propositions rapides pour "améliorer" les Samu, harmoniser les procédures et développer une "démarche qualité".  

"La régulation médicale n'apparaît pas" dans les processus de certification conduits par la Haute autorité de santé, regrettent, dans une feuille de route commune remise lundi à la ministre, Samu-Urgences de France, la Société française de médecine d'urgence (SFMU), et le Conseil national de l'urgence hospitalière (CNUH). 

Activité à risque, la régulation médicale doit être intégrée dans la nouvelle procédure de certification des établissements de santé, en cours d'élaboration, plaident-ils.   

Le Samu doit aussi adopter d'ici 2 ans une politique de management de la qualité fondée sur "une norme internationale indiscutable" (ISO 9001), déjà appliquée par de nombreux services client d'entreprises.  

Un référentiel, rédigé par les urgentistes, permettra d'abord de définir les procédures au niveau national. 

Validé par la HAS, il servira de base aux processus d'accréditation. Des mesures d'assurance qualité, favorisant les "retours d'expérience" en cas de problème, ou la réécoute aléatoire de certains appels, devront être mis en place, ainsi que des indicateurs qualité, concernant par exemple la durée moyenne des appels ou le taux de charge des personnels.  

En cas de certification, des "négociations" devront être ouvertes "pour définir les effectifs, les moyens, les objectifs" et un "chiffrage budgétaire", réclame, dans sa propre copie, l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf).  

Enfin, les assistants de régulation médicale doivent être "reconnus" comme profession de santé, et mieux formés. 

Pour l'Amuf, la formation devra s'effectuer dans les facultés de médecine. Les autres syndicats proposent un diplôme d'État, d'une durée d'un an minimum, dans cinq ou six centres de formation.  

Mais l'Amuf note des divergences sur l'éventuel regroupement des numéros d'appel et demande un "arbitrage gouvernemental". Alors qu'elle souhaite regrouper les centres d'appel du Samu et des pompiers sur des plateformes départementales communes, les autres syndicats veulent une plateforme de régulation médicale Samu-santé, incluant les urgences médicales, les centres anti-poison, la permanence des soins ambulatoires et le secteur médico-social, les pompiers restant à part.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.