Il y a un an exactement, celui qu'on appelait le "nouveau coronavirus" bouleversait nos vies et nos comportements. Au point de nous faire adopter des pratiques qui, aujourd'hui, à la lumière des connaissances accumulées, nous paraissent parfois un brin excessives.

Désinfection des rues à Perpignan, le 31 mars 2020
Désinfection des rues à Perpignan, le 31 mars 2020 © Maxppp / Frédéric Vennarecci / APM

Un coup d'œil en arrière, et c'est le vertige. Il y a exactement un an, nous basculions dans une autre dimension. Qui aurait cru, quelques semaines plus tôt, que nous en viendrions à désinfecter nos courses, que du gel hydroalcoolique se négocierait plus cher qu'une bouteille de champagne, et que la moindre personne croisée sur le trottoir nous ferait faire un bond d'un mètre sur le côté ? Et pourtant, c'est bien ce qui s'est passé, à l'aube d'une pandémie mondiale dont nous n'imaginions pas qu'elle s'installerait dans la durée. Un an plus tard, avec le recul et à la lumière des connaissances accumulées sur le SARS-Cov-2, cette période nous apparaît dans toute son étrangeté. Souvenirs, souvenirs... 

Porter des gants au supermarché

Avec le premier confinement et la limitation drastique de nos déplacements, la sortie au supermarché devient lieu de tous les dangers. "Comment faire ses courses sans risque ?" : les articles et tutos en ligne se multiplient. Pour plus de sécurité, certains s'équipent. "À l'arrivée au rayon fruits et légumes, des clients ont préféré enfiler des gants pour éviter tout contact direct avec les aliments", montre un reportage diffusé au journal de France 2. Concombre et mangue en main, un homme ganté de latex se justifie : "Je ne sais pas par qui ils ont été touchés avant".

Désinfecter ses courses

Le risque ne se limite pas à la sortie. Comment être sûr que mon paquet de pâtes (le dernier du rayon, ouf), n'est pas infecté ? "Dans l'idéal, laissez vos achats sans les toucher pendant trois ou quatre heures au sol avant de les stocker", conseille Madame Figaro. Une précaution jugée insuffisante pour certains, qui optent pour la désinfection systématique. "Pour les fruits et légumes, n'utilisez surtout pas d'eau de javel ou de détergent", alerte l'Anses, qui s'inquiète de voir exploser les accidents domestiques. Ses recommandations : laver à l'eau claire, retirer les suremballages, et passer un coup d'essuie-tout humide sur les emballages restants.

Décontaminer sa baguette de pain

"Sur une surface comme la croûte de pain, la durée de vie du virus est estimée de 3 minutes à 3 heures par l'Anses", rapporte LCI. Pour les plus anxieux, une astuce : "En revenant de la boulangerie, il est possible de faire chauffer son pain au four à 63 degrés durant trois à quatre minutes", lit-on dans le même article.

S'arracher des flacons de gel hydroalcoolique

Pendant ce temps, dans les pharmacies, il devient quasi-impossible de mettre la main sur du gel hydroalcoolique. Jusque-là tristement banal, le petit flacon devient denrée rare. Si bien que dans certaines officines, son prix s'envole.

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Soixante euros le litre, "c'est plus cher qu'une bouteille de champagne", note LCI. Les prix flambent également sur les plateformes de vente en ligne. Et entre particuliers : 

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Le gouvernement se décide finalement à encadrer les prix, avec un décret paru le 6 mars (prolongé le 27 janvier 2021). Mais ça ne résout pas le problème de la pénurie. L'OMS publie donc son "guide de production locale", ou comment fabriquer du gel hydroalcoolique. La recette est largement partagée mais, comme nous vous le rappelions ici-même, celle-ci s'adresse aux professionnels de pharmacie : à manipuler des produits chimiques, une explosion est vite arrivée…

Désinfecter les rues

Se désinfecter les mains après en avoir fait de même pour les courses ne suffit plus : certaines municipalités prennent l'initiative de désinfecter aussi les rues. "Ce jeudi, dès 5h, des agents de la propreté ont pulvérisé de l'eau de javel diluée dans quatre quartiers de Nice", nous informe Nice Matin le 26 mars. D'autres villes suivent :  Montauban, Saint-Florent, Menton… À Cannes, un drone nettoyeur est même expérimenté.

"Désinfection aérienne" à Cannes, avec un drone nettoyeur
"Désinfection aérienne" à Cannes, avec un drone nettoyeur © Maxppp / PHOTOPQR/NICE MATIN

À Paris, Rachida Dati, candidate à la Mairie de Paris, demande à Anne Hidalgo d'en faire autant dans la capitale. "Une mesure de bon sens", invoque-t-elle. Les autorités sanitaires finissent par trancher : désinfecter les rues est inutile et dangereux pour l'environnement.

Faire sans masque

Les détergents coulent à flot (en un mois, les ventes de javel bondissent de 84%), mais les masques manquent cruellement. On recycle donc des masques de chantier, on sort du placard les stocks périmés de la grippe H1N1. Sur Twitter, des médecins enragent de voir des patients équipés de FFP2 (nouvel acronyme à la mode), alors qu'eux n'en ont pas.

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Quasiment tous les hôpitaux constatent des vols dans leurs réserves : ce sont à chaque fois des centaines, voire des milliers de masques qui disparaissent. Les voitures des infirmières sont également prises pour cible. Et les escroqueries vont bon train. Le 5 mars, la police de Maisons-Alfort arrête des individus ayant récupérés 40 000 masques périmés depuis 2012. Ils s'apprêtaient à les revendre après avoir effacé les dates de péremption à l'alcool à 90°.

En attendant, le message officiel des autorités est le suivant : il ne sert à rien de porter des masques dans la rue, comme le rappelle par exemple ici Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, le 18 mars 2020. 

Se dire bonjour avec le coude, le pied ou un "namasté"

La bise et la poignée de main étant bannies, il faut leur trouver des remplaçants. Et là, l'imagination ne connait plus de limites. Jouer du coude ou du pied, comme le suggère Agnès Buzyn ? Sur les réseaux sociaux, le "Wuhan Shake" fait des émules.

D'autres, à l'image de Xavier Bertrand, s'exercent au "namasté", les mains jointes devant la poitrine. Mais le champ des possibles ne s'arrête pas là, comme nous vous le rappelions dans cet article.

Pratiquer la livraison sans contact

Avec le confinement, les achats en ligne explosent. Mais à l'ère des gestes barrières, un nouveau mode de livraison se généralise.. "Le livreur dépose le colis sur le pas de la porte et s'écarte immédiatement d'une distance de minimum un mètre, avant ouverture de la porte par le client", lit-on sur le site du ministère de l'Économie. En somme, cela revient à ouvrir la porte, découvrir un paquet sur le palier tout en entendant au loin le livreur dévaler les escaliers en courant. Optionnel : crier "merci, bonne journée" dans le vide.

Faire un bond d'un mètre sur le côté à chaque personne croisée sur le trottoir

Heureusement qu'avec le confinement, il n'y avait quasiment plus de voitures dans les rues...