Vue d'une salle de shoot installée à Bâle
Vue d'une salle de shoot installée à Bâle © MaxPPP

Le Journal Officiel publie l’arrêté qui valide l’expérience de ces salles de consommation à moindres risques pour toxicomanes. Cette mesure, expérimentée pendant six ans, fait partie de la loi santé votée à l’automne .

L’expérience des salles de shoot, nommées " salles de consommation à moindre risque " est bien sur les rails, avec la publication annoncée ce vendredi au Journal Officiel.

La ministre rappelle à cette occasion que les salles de shoot ne constituent en rien une incitation à consommer, il s'agit de mieux accompagner des usagers précarisés en rupture avec les systèmes de santé . L'expérimentation va durer six ans.

Salle de shoot : comment ça marche ?

Les salles s'adressent aux plus de 18 ans, elles seront situées à proximité des lieux habituels de consommation et seront ouvertes sept jours sur sept, entre quatre et sept heures par jour . L'usager apporte lui-même le produit qu'il souhaite consommer, mais on lui fournit, en revanche, du matériel stérile.

A chaque visite, il a droit à une seule injection , ou inhalation, sur un poste individualisé, mais supervisé par un professionnel.

Un système encadré

La salle sera animée par au moins deux personnes : une pour l'accueil et la gestion du matériel, et une autre -forcément un(e) infirmier(e)- pour surveiller les consommations et prendre en charge d'éventuelles urgences .

Un ou plusieurs agents de sécurité (selon le contexte) viendront compléter cette équipe pour éviter tout incident. L'arrêté publié jeudi 25 mars au journal officiel insiste d'ailleurs sur la nécessité d'assurer une bonne intégration du dispositif dans le quartier concerné .Les riverains, les élus, les institutions seront donc régulièrement consultés.

Un système de dépistage sera aussi proposé dans ces salles, pour le VIH ou l’hépatite , avec, si nécessaire, une orientation vers des services sanitaires ou sociaux.

Une expérience sociale

Pendant toute l'expérimentation, des chercheurs évalueront l'efficacité du dispositif, notamment en terme de réduction des risques, ou d'amélioration de la santé mentale. Pour l'instant deux sites ont prévu d'ouvrir à l’automne prochain : l’un à Paris, (sur le site de l'hôpital Lariboisiere) et à Strasbourg.

La Suisse pionnière des salles de shoot

C'est en Suisse que la première salle a été ouverte : Berne en 1986 . D'autres pays européens comme l'Espagne, l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg, le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas ont aussi ouvert ce type de salles, que l’on trouve désormais aussi à Vancouver (Canada) et à Sydney (Australie).

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.