[scald=95693:sdl_editor_representation]par Pierre Savary

LILLE (Reuters) - L'interrogatoire de Dominique Strauss-Kahn a repris mercredi matin dans la caserne de gendarmerie de Lille où l'ancien directeur du Fonds monétaire international a passé la nuit après la prolongation de sa garde à vue, a-t-on appris d'une source proche du dossier.

Dominique Strauss-Kahn, qui est interrogé depuis mardi matin par quatre policiers, a dormi dans une cellule de 7 m2. Sa garde à vue a été prolongée de 24 heures mardi soir par les trois juges d'instruction chargés de l'affaire de proxénétisme impliquant plusieurs de ses amis, hommes d'affaires et policiers, dans laquelle il risque une mise en examen pour "complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée" et "recel d'abus de biens sociaux".

L'ancien patron du FMI sera entendu mercredi par les policiers mais aussi des fonctionnaires de l'l'Inspection générale de la police nationale, qui enquêtent sur le rôle du commissaire Jean-Christophe Lagarde, l'un des huit mis en examen dans ce dossier.

La garde à vue de Dominique Strauss-Kahn peut en théorie durer 96 heures mais une source proche du dossier a dit s'attendre à une fin de garde à vue dans la soirée de mercredi.

La procédure peut déboucher, jeudi ou ultérieurement, sur une présentation aux juges d'instruction qui enquêtent sur un réseau de prostitution autour de l'hôtel Carlton de Lille. Dominique Strauss-Kahn aurait bénéficié des services de ce réseau en 2010 et 2011 en France et aux Etats-Unis.

Il est susceptible d'être poursuivi non comme client de prostituées -ce qui est légal en France- mais pour "recel d'abus de biens sociaux", car les rémunérations des jeunes femmes ont été assurées par deux amis entrepreneurs du Nord, qui ont présenté à leurs sociétés des notes de frais.

LE PS PREND SES DISTANCES

Cette audition pourrait troubler la campagne présidentielle, dont Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l'Economie PS (1997-1999) et directeur général du FMI (2007-2011) fut le favori avant son arrestation à New York en mai dernier pour une présumée agression sexuelle sur une femme de chambre. Il a bénéficié d'un abandon de poursuites en septembre.

Le Parti socialiste et son candidat, François Hollande, ont pris leurs distances avec lui, notamment quand il a été à nouveau interrogé par la police à son retour à Paris sur la supposée agression sexuelle de la journaliste Tristane Banon en 2003. Le parquet de Paris a jugé les faits établis mais classé l'affaire sans suite pour cause de prescription.

"DSK, c'est DSK, c'est la colonne fait divers. Les autres, ses amis, y compris ses amis politiques sont aujourd'hui dans la politique. Je crois que chacun a bien compris que Dominique Strauss-Kahn avait réussi à faire en sorte qu'il y ait deux vies : l'une qu'il cachait et l'autre qui était sa vie politique", a dit mercredi Michel Sapin, responsable du programme de François Hollande, sur i> TELE.

"Les seuls qui savaient ne faisaient pas de la politique. ce sont ceux qui ont participé à cette colonne faits divers", a-t-il ajouté.

Edité par Patrick Vignal

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