Le faible taux de chômage sur le deuxième trimestre en France (selon le BIT) cache une hausse constante, de mois en mois. Et les jeunes sont touchés de plein fouet.

Le taux de chômage de jeunes repasse au-dessus de 20% au deuxième trimestre.
Le taux de chômage de jeunes repasse au-dessus de 20% au deuxième trimestre. © Maxppp / Fred HASLIN

Un chiffre en trompe-l’œil. Le nombre de chômeurs (au sens du Bureau International du Travail), sans activité et en recherche active, a baissé en moyenne au deuxième trimestre par rapport aux trimestres précédents : -0,7 point, pour atteindre 7,1%. Mais il augmente si l'on prend en compte l'évolution mois après mois, note l'Insee.De 5,6% en avril, il passe à 8,1% fin juin... La tendance est clairement à la hausse, et elle devrait s'inscrire dans la durée.

La situation est particulièrement préoccupante pour les jeunes de moins de 25 ans. Leur taux de chômage repasse au-dessus des 20% au deuxième trimestre. Et ils seront plusieurs centaines de milliers à faire leur entrée sur le marché du travail en septembre, alors même que les entreprises n'embauchent plus.

Boom du "sous-emploi"

Autre enseignement de la période : l'explosion de ce que l'Insee appelle le "sous-emploi". C'est à dire le nombre de personnes en poste, à temps plein ou à temps partiel, qui déclarent des journées non travaillées à cause du chômage partiel. Ce taux a bondi de 12 points en moyenne au deuxième trimestre, hausse inédite depuis que l'indicateur existe.

Au-delà du taux de chômage en lui-même, l'Insee enregistre une forte augmentation du nombre de Français qui se trouvent dans ce qu'il appelle le "halo du chômage". Ils ne sont pas comptabilisés comme chômeurs, parce qu'ils n'ont pas été en mesure d'enclencher une recherche active d'emploi au printemps. Soit parce qu'ils n'ont pas pu se déplacer pendant le confinement, soit parce qu'ils n'ont pu répondre à aucune offre. Mais leur nombre a fortement augmenté: 767.000 entre le premier et le deuxième trimestre.